Etude sur Marsault, dessinateur ou “La lumière vient d’en bas” – Analyse initiatique des chaînes de causalité dans l’art

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C’est après l’Unique Peter Birkhaüser pour “La lumière sort des ténèbres” commenté par Marie-Louise von Franz, que nous accueillons dans notre rubrique graphique le dessinateur français Marsault, soit “La lumière vient d’en bas”.

Ce n’est pas le moindre mérite du public de Marsault que d’avoir compris et d’avoir voulu que son travail trouve refuge chez un éditeur – grâce lui en soit rendue ! – et loin de nous l’idée de venir par cette étude au secours de la victoire : nous sommes – et ce n’est pas rien – honorés autant que nous pouvons l’être d’offrir à son public (et à son futur public) un précis de caractérologie artistique répondant aux légitimes points d’interrogation primordiaux de tous, puisque c’est souvent dans les travaux les plus nouveaux que se font voir les choses les plus originelles.

Point d’interrogation originel, angoisse et espoirs du primitif, thème de l’affrontement de l’humain contre le trop humain, thème de l’homme qui se cache aux choses (la tafiole qui ne veut pas sortir des jupes de sa mère qui concerne au plus profond la majorité hétéro) initiation masculine, feu intérieur dément de grand destructeur, feu contradictoire rebelle face à nos difficultés à gérer l’émotionnel : Marsault c’est tout cela et nous allons, dans cette analyse, partir à sa rencontre dans une brève (mais nécessaire) histoire de l’art, envoyant lecteurs et futurs lecteurs de Marsault à ce que nous avons tous été un jour : des petits enfants troublés dans un monde à la fois incroyablement beau, terrifiant, profane et trompeur.

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Les premiers hommes dessinaient ce qu’ils voyaient : des troupeaux d’animaux sans pattes, puisqu’ils ne voyaient pas les pattes, celles-ci se trouvant dans l’herbe. Les premiers dessins de chasse, d’animaux changeant sans cesse de direction – si ce n’est de monde – surgissaient sur les parois des cavernes, alors qu’il arrivait que le chasseur soit à son tour chassé : autant de secrets de la nature en représentation qui menaient aux grottes d’initiations, souterraines, où l’enfant passait à l’âge adulte devant des dessins de chasseurs, certains en érection ; notre avenir se dessinait en même temps qu’apparaissaient les premiers mouvements psychiques des hommes.

Naissaient aussi les premiers actes conscients personnels et tout ce que l’on entend par les mots “moi-même” : nous en tant que sujet, nos pensées, nos décisions, bref, notre personnalité, tout ce que l’on circonscrit dans un mot à chaque fois que l’on dit “moi”. Le reste étant du domaine du champ de la conscience empirique… et tout ce qui en déborde, du domaine de l’inconnu.

L’inconnu se divise en deux groupes : les faits extérieurs ambiants et les faits inconnus de l’univers intérieur que nous appelons inconscient ; notre psyché est cette totalité.

Reste que dans l’inconscient “notre bagage” est l’inconscient personnel, mais aussi l’inconscient collectif où se trouvent tous nos instincts et leurs équipements nommés “archétypes », toutes nos dispositions collectives de nature créatrice.

Se livrer à une activité artistique c’est se trouver face à son propre système de régulation des schèmes (1) de comportement, alors qu’ils sont au-delà de ce que notre raison peut saisir et puisque nous parlons d’un dessinateur, il s’agit pour celui-ci de dessiner des schémas modelés destinés à la compréhension par l’interaction d’une représentation… et de les mener à la conscience de tous.

C’est ainsi que nous nous sommes développés, naturellement.

Cela demande de l’énergie, dite énergie créatrice, qui apparaît dans divers phénomènes mentaux : nos tendances, nos désirs tournent autour de « complexes » dits de représentation (2) se retrouvant dans l’image, l’image étant cette forme structurelle de la pensée issue de l’idée archétypique dont elle hérite.

Voilà un tout qui donne un sens à la vie, sens que lui apporte l’artiste bénéficiant d’un certain charisme pourvu qu’il évoque les thèmes fondamentaux de la privation d’amour alors que nous possédons la sexualité, de la foi en quelque chose d’immense alors que nous n’y voyons rien, de l’espérance dans un monde décevant et de l’ignorance quand nous ne connaissons pas notre propre signification.

Si la voie de l’artiste est transcendante elle est aussi réservé à quelques rares élus.

Marsault chemine, comme bien d’autres avant lui, dans une expérience de contact entre les contraires, les perceptions visuelles et les fantasmes, qui sont une bonne part de travail intérieur se mêlant à des processus dont il devient détenteur autant qu’il se laisse pénétrer et saisir par eux : l’artiste se réalise alors en tant qu’individu dans le sens plein du terme… tout en demeurant indéfinissable : il est adjoint à la chose artistique comme la terre tourne autour du soleil.

Ce pourquoi tout artiste est un avantage pour la communauté humaine en tant que pierre issue de la caverne, pour un édifice social où certaines particularités sont négligées ou opprimées ; il est précisément aux antipodes de l’individualisme et de l’égoïsme de ceux qui veulent l’interdire, pour un ordre renforcé : leur fascisme.

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Gotlib, Goossens, Vuillemin, Franquin …

… voilà une quaternité qui atteint son optimum par les racines d’un Reiser dit cinquième élément ; quaternité qui permettra à chacun d’aborder le phénomène Marsault.

Marsault en premier lieu, c’est la capacité à évoquer dragons et coques fondamentales de notre monde moderne, tandis que la vulgarité appartient aux plus anciens modes d’expression de l’humanité.

Nous venons de le voir, l’homme primitif peignait des animaux et des chasseurs mais – en résumé – nos villes modernes ne sont t’elles pas notre nouveau biotope (3) où les automobiles sont autant de troupeaux de buffles sur le passage desquels il ne vaut mieux pas se trouver ? N’y a t-il pas moult véhicules qui, tels des dragons, crachent le feu ?

A notre époque nous disposons d’un vaste savoir dans les domaines à la base même de la construction de cette analyse (4) et pouvons en conclure que nous avons dans notre histoire reproduit les mêmes mythes, en les développant :

Du mythe de Circé qui transformait les hommes en truie

jusqu’à George Grosz (5) qui, attaquant la société allemande d’avant-guerre, dessina un homme à tête de porc.

jusqu’à Marsault qui dessine non seulement des porcs et des truies, généralement dans cette position…

Un des compagnons d’Ulysse changé en pourceau, bronze grec du Ve siècle av. J.-C.

(—)… mais aussi des femmes originelles.

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La Venus de Willendorf : un corps informe, spongieux – Paléolithique

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Paul Klee, que l’on peut considérer comme le poète des peintres modernes dit :

« C’est la mission de l’artiste de pénétrer aussi loin qu’il le peut vers le fond secret des choses où une loi originelle entretient leur croissance. Quel artiste ne souhaiterait résider auprès de la source de tout mouvement dans l’espace-temps, qu’on l’appelle cerveau ou cœur de la création, dont toute activité est fonction ? Dans le sein de la nature, à la source originelle de toute création, où se trouve caché la clef secrète des choses… cœurs battants nous sommes entraînés toujours plus bas, vers la source première. Et l’on ne saurait prendre trop au sérieux le fruit de cette quête lorsque, se combinant intégralement avec des moyens picturaux appropriés, il s’épanouit en structure. Car il n’est pas question de reproduire simplement ce qu’on a vu, mais « c’est tout ce qui a été secrètement perçu qui est rendu visible. »

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Le personnage de l’Hercule

Si notre monde moderne est “effrayant” l’homme a toujours en lui-même sa coque de vertus fondamentales. Il y a toujours des Hercules, des spartiates, êtres aussi magnétiques que le magnétisme qui nous relie au monde extérieur… dont nous viennent ces images magnétiques.

Une certaine voie mystique donc, suivant la nécessité d’user de la force pour maîtriser le mal puisqu’il ne peut être question – JAMAIS – de contrôler le mal : transcendance pure de l’activité, l’homme brandit un marteau…

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… et n’est pas brandit par lui (6).

 

Le personnage d’Eugène

D’Eugène on peut dire de façon classique « qu’il a le coup de poing facile », « fraternel et éducateur », comme bien des ouvriers, selon certaines imageries populaires. 


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Le personnage d’Eugène  est celui d’un ouvrier (7) dont l’existence est tout autant un destin fatal qu’un accomplissement. Le mythe du héros, de tout temps, montre la voie par laquelle le Moi peut parvenir à la conscience ; évidement dans la vie il faut préserver et développer cette conscience de telle sorte qu’elle ait un sens, que l’homme mène une vie utile tout en gardant son individualité à l’intérieur de la société. Mais Eugène – tout droit sorti d’un chantier de la dernière rafale est facilement irritable et quelque peu susceptible, sa masculinité en fait un homme fatal qui fait face à la réalité. Avec lui point de remarques efféminées : il massacre sans arme cachée… tout comme la nature, effrayante par certains aspects.

Vuillemin, le maître de la “ligne crade” de la BD française, a signifié lui-même dans “Raoul Teigneux contre les druzes”  certains phénomènes pathologiques et certains mauvais traits ou traits mauvais…

 

Exemple “frappant” de coup de poing chez Vuillemin

 

Eugène roule en gros véhicules de l’industrie ou en blindé, il n’est pas le premier depuis ce vieux gag du rouleau compresseur…

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mais avec ses coques fondamentales il roule depuis fort, fort longtemps…

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Kampf der Sparkassen gegen die Geldsäcke – Pieter Brueghel l’Ancien

 

Si Pieter Brueghel dit Brueghel l’ancien, dessinait le peuple, Marsault est du peuple et il dessine ; Si Pieter Brueghel s’amusait à dessiner des combattants en mode humour, il les immortalisait dans des carapaces, des réservoirs, des coffres et puisque le mot “tank” vient du mot “réservoir”, il a son équivalence de sens dans les marmites et caisses ici représentées. On remarquera la présence de belles têtes à casques, là  aussi.

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Du char et du casque à Breum

 

Le premièr phylactère, dit bulle

Le premier phylactère, dit bulle

 

Comme d’autres novateurs de la BD Marsault ne se contente pas de la bulle : emporté dans les sphères de sa singulière humanité, là où notre conscience ne nous sert de rien, il a la puissance – le souffle codépendant de l’homme et de son esprit très exactement –  de créer une onomatopée inédite, un son graphique : breum.

 

BRRRMMMMMMM

 

 

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BEUM

A noter : Goossens est dessinateur mais aussi Maître de Conférence en Intelligence Artificielle…

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BRRRMMMMMMM + BEUM =

 

Parfait exemple de chaine causale en croissance pour laquelle il n’y a pas d’autre explication que la relation de l’artiste Marsault à l’infini.

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Marsault c’est le peuple

Jeune ouvrier suffisamment doué pour avoir déjà Gabinisé le prolétariat, Marsault, nous venons de le voir, surgit du fond des temps. Quand le mercure ou “kilo de rouge” n’est pas en évidence posé sur la table, « Monsieur en marcel – Madame à la vaisselle » c’est Mercure, personnage espiègle, qui apparaît sous différents traits et est connu sous nos cieux comme « l’ancêtre » de toutes les formes du pitre, du clown et autres héros foncièrement négatifs qui obtiennent par leur bêtise ce que les autres ne parviennent pas à obtenir par leurs meilleures capacités.

Ces personnages à l’intelligence simpliste, à la force animale et aux tourments subjectifs, ont leur propre façon de supprimer les douleurs existentielles, en toute irresponsabilité : tradition antique de la « libertas decembrica » que l’Eglise n’a pu entraver avant au moins l’an 1400, comme bien d’autres fêtes et processions d’ânes avec des prêtres :

« L’âne est venu, Le plus beau, le plus fort, Le meilleur porteur de charges. » (chant de l’époque)

Marsault ne se définit t’il pas lui-même comme « ouvrier porteur de trucs lourds d’un point A à un Point B. » ? Ayant “depuis ses seize ans quitté le lycée avec deux de moyenne générale et environ 14975 heures de colle ?”

D’où un style gargantuesque, la reprise inconsciente de personnages passés à la postérité sous la forme ancienne de Cucorogna, Polichinelle, Chico Sgarra,  autant de structures carnavalesques et de psychologèmes provenant des âges les plus reculés.

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Pourquoi bordel de Dieu, pourquoi ?

 Pour les primitifs la réponse est simple : il n’y a dans ces drôleries arrivés jusqu’à nous  qu’un plaisir élémentaire…

… mais qu’à donc à faire l’honorable lecteur – qui est au plus sommet de la civilisation – de toute cette matière basse et de mauvais goût ?

C’est qu’au niveau de la civilisation qui est le nôtre nous ne nous rendons plus vraiment compte de notre carnaval : selfies, TV réalité… doit-on vraiment parler d’un niveau élevé ? Ne s’agit t-il pas là d’une forme d’obscurité mentale correspondant à un niveau primitif ? A voir la portion de mépris et de moqueries que nous avons de nos téléphones portables et les caractères de TV réalités, où autant d’inconscients exposent sans cesse que leurs deux mains se disputent l’une avec l’autre…  pourquoi ?

Le désir d’apprendre. Le désir d’exposer certaines figures de l’ombre à la critique. Et d’en rire.

Mercure, dont nous venons de parler, est ailleurs reconnaissable sous le nom de « trickster » ou « fripon » tel que décrit par Paul Radin en personnage comique ancestral, chez les indiens Sioux Winnebago, chez qui il a la forme d’un coyote qu’une artiste “autochtone nord américaine” manifeste naturellement de la façon suivante :

Rebecca Belmore, Coyote Woman, 1991, Graphite sur papier, 33 X 50 cm.

Rebecca Belmore, Coyote Woman, 1991, Graphite sur papier, 33 X 50 cm.

Existe aussi en hyène. Voilà.

Voilà.

Marsault est bien un artiste universel, ayant atteint un niveau certain de détachement au niveau de ses images intellectives.

 

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(… et à propos de Franquin  …)

 

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Tatouages et autodélivrance

 

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Marsault a trouvé naturel de ne pas rester inactif sur sa peau. On distingue, avec ses tatouages, les contenus de son inconscient projetés sur “l’objet peau” par des « idées ».

Il s’agit d’un chemin mystique numineux (9) qui est du ressort de l’artiste : dans le cas de Marsault, ce que nous voyons tatoué est la partie par laquelle l’artiste porte justement la responsabilité de demeurer vigilant face à la réalité de l’âme et aux réalités absolues (et on notera qu’il a déclaré “les religieux et les flics branches intouchables”, selon Art/ctualité proposé plus bas en lien).

Cette inondation de tatouages forme autant de nuages (symboles de la capacité de l’esprit à projeter ses sens imaginatifs intérieurs sur des phénomènes extérieurs) pour un processus de détachement « mystique » dans une dimension ayant les aspects d’une autodélivrance.

  • Dans le monde occidental l’homme est ou plutôt était soumis à la grâce de Dieu (10)
  • Dans le monde oriental – soit 62 % de l’humanité – l’homme lui-même est la seule cause de son développement, c’est l’homme seul qui se délivre et c’est par sa persévérance, sa pratique et sa sagesse qu’il atteint le salut (11)

 Et tous seront d’accord : « Mon corps est une coquille à l’intérieur de laquelle un poussin attend d’être couvé par l’esprit de l’éternité. »  Angelus Silesius

 

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 Analyse des tatouages en cinq éléments

  

 

Bordel de Dieu est écrit de façon ansée. La forme ansée est la forme classique d’un REPOSE-TETE.

 

 

Shou, le dieu égyptien personnifiant l’air porte un repose-tête qui soutient sa tête pendant le sommeil. L’iamage renvoie à la correspondance entre la tête et le soleil. Tous deux sont associés à l’illumination.

La forme ansée correspond également aux promesses cosmiques de lévitation, la déesse hisse ci-dessous le globe du soleil incandescent.

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Vous y êtes ? Lévitation, sommeil, recherche des images “dans un autre monde”, tête, soleil incandescent, cigarettes, souffle, fumée, déesses, gitanes …

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CARBONE.

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Aux coudes (articulations) le filet de maya dans le cercle du temps devient une toile d’araignée qui capture les imprudents perdus le monde sensoriel de l’illusion.(-

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Le mot “Charogne” évoque directement des activités allant de la psychanalyse (la décomposition d’un individu en complexes (2) sous-jacents) au processus plus naturels de digestion et de pourrissement.

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La panthère noire dans le dos a donc cette particularité d’être sur peau blanche, quand son nom en lettres blanches apparaît au même emplacement sur polo customisé noir.  

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Le côté blanc représente le chaud, le sec, le principe ardent, le sud ; le côté noir, le froid, l’humide, le principe sombre, le nord. L’état de Tao est celui du commencement du monde où rien n’est encore arrivé, et c’est aussi celui que cherche à atteindre l’altitude de la sagesse suprême.

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La grâce féline de Marsault sortant de son char caractérise également l’artiste …

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Débuts de Marsault et méthode de travail

 Après quelques années en mode recherche – ou plutôt après quelques années à chercher à se correspondre publiquement, puisque Marsault a correspondu avec son public sous  forme de correspondance –  on note l’influence du pop art dans son parcours. Des fausses notes ? Nous n’en savons rien, certains de ses travaux mériteront peut-être au futur que l’on y regarde à deux fois.

A ce sujet un excellent article qui répond à ces questions (et à d’autres) du point de vue de la connaissance purement artistique (12) tel que l’exige le cadre et la discipline que le site Art/ctualité s’est choisi pour se définir lui-même (lors que notre démarche est de soumettre à une approche psychologique les mythes et concepts fondamentaux du point de vue de la théorie de la connaissance, le leur est  d’éclaircir pour tous le mystère de la matière produite, et ils le font très bien : cliquez ci-dessous pour consulter le premier article intéressant écrit sur Marsault).

 

Maintenant que Marsault est publié chez Ring, les Editions à la rencontre de la peur, fini les fragments, passage à la doctrine pour l’apocalypse ? Nous verrons.

  

Ressort comique et psychologisation excessive de tout

Nous l’avons dit en introduction, Marsault c’est (…) le thème de l’affrontement de l’humain contre le trop humain, le thème de l’homme qui se cache aux choses (…) ”  : si à chaque bas dans nos vies – comme nous le constatons – il faut “réunir une cellule de crise” et faire venir un lot de psychologues, autant dire que nombreux sont ceux qui ont, ni plus ni moins, sombré dans la peur. Les pompiers du 11 septembre ont fait corps et n’ont pas eu besoin d’aide psychologique ; ils n’ont pas échoué devant la vérité et faire corps en a été la conséquence. Et vous remarquerez que pour ce qui est de faire corps, cet article est quant à lui une recherche de la psyché totale…

Ainsi, lorsqu’il tombe de vélo, Bébé ne pleure pas si personne ne le voit, alors pourquoi lui envoyer un psychologue ? Pour qu’il pleure ? Plus tard Bébé harcèlera Monsieur le Maire en pleurant pour avoir le droit de construire en zone inondable, lui livrant une guerre acharnée jusqu’à obtenir satisfaction. Avant que Bébé fasse le siège de la Mairie quand sa maison se trouvera inondée, accusant alors Monsieur le Maire de tous les maux, en pleurant… Re-psychologue nécessaire ? Hallucinant pays de pleurnichards irresponsables que le nôtre – et ce n’est qu’un exemple –  ce pourquoi Marsault évoque à sa façon le manque de psychiatrie sociale linéaire, autrement dit, toutes ces choses que l’on retrouve sur 01-rien.org dans les recherches de Frantz Fanon et dans les revendications des prisonniers lors de la révolte d’Attica (des tatoués, ceux-là aussi).

 

Le PLAN des albums de Marsault est un travail de chaman, comme dans cette représentation aborigène d’un rêve avec des déesses-gitanes sur fond de fumée bleu, divers tisons rouges et jaunes.

Un rêve dessiné. Une trinité de mères. Ordinairement chez les aborigènes les cercles les plus grands sont des graines avec des labyrinthes ; là, le cheminement est plus subtil : ce sont les mères qui sont labyrinthiques et relient les espaces.

Les cercles bleus n’ont pas le même contenu que les cercles jaunes, la mère centrale est la plus grande et sa chaleur signifiée par des points rouges vifs. Ce sont très probablement des sœurs-mères aux éclairs intérieurs, opposées aux frères-génies des éclairs extérieurs.

Il faut suivre les petits points jaunes et rouges pour cheminer dans le rêve de l’auteur.

L’ensemble comporte la notion de « voir au travers » en suivant les points dans un mouvement circulaire signifié par les corps tournants ; il n’y a pas de vitesse, il n’y a pas de temps c’est à celui qui met le doigt sur les points de rêver… monde physique, aérodynamisme au-delà de la lumière, venu du pays mystérieux où la pensée est la force toute puissante : le monde des esprits. 

 

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Chaque point – cercle – graine – CASE des albums de Marsault représentant  une bonne dose d’humour

Ceci est un Ouroboros. L’ouroboros est un dessin ou un objet représentant un serpent ou un dragon qui se mord la queue. Il s’agit d’un mot de grec ancien οὐροϐóρος, latinisé sous la forme uroborus qui signifie littéralement « qui se mord la queue ».

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CONCLUSION

 

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Marsault laboure son aire de vie avec la charrue – ou personnalité – qui lui est adaptée : cette charrue est la sienne ; aucune autre ne pourra lui convenir. Chacun possède sa propre charrue pour labourer son terrain de vie : cette charrue lui est propre ; elle ne peut convenir à personne d’autre. Que vous la prêtiez à X ou Y ne lui sera pas utile, elle ne lui est pas adaptée, qu’en feraient-ils ? (à part vous priver de votre personnalité, de votre destin et du leur ?)

A vous de tracer vos sillons dans la vie, avec votre propre personnalité, votre personnalité étant ce qui fera (ou pas) votre bonheur.

Reste que si nous n’aimons pas les dessins de Marsault pour nous-mêmes, pour notre vie-vécue, c’est à dire pour notre personnalité, nous pouvons l’aimer pour la vie…

… pour la vie elle-même.

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NOTES DE BAS DE PAGE

(1) Le schème est en psychologie une structure ou organisation des actions telles qu’elles se transforment ou se généralisent lors de la répétition de cette action en des circonstances semblables ou analogues. Nota : un mythologème est un motif, un fragment ou plutôt la plus petite unité signifiante d’un mythe également unité de signification minimale commune à plusieurs mythes, chaque mythe naissant de l’association de divers mythologèmes.

(2) Le complexe se forme à partir du maintient dans l’inconscient d’une partie de l’énergie psychique qui naturellement devrait s’écouler dans la conscience. Puisqu’elle est emmagasinée dans l’inconscient derrière un barrage psychique, cette énergie tente constamment de percer la brèche qui lui permettra de s’actualiser dans sa fonction naturelle. Cette tentative de percée est la source probable de tous les actes manqués.

En matière de complexe représentatif voir aussi fonction exponentielle et intellection.

(3) Biotope 2 : un concept de Edward T Hall

(4) Histoire, archéologie, philologie, théologie (?), psychologie, biologie, histoire comparée des religions, ethnologie, politique, philosophie (?), sociologie.

(5) George Grosz (1893-1959) est un peintre allemand, qui fut un membre important du mouvement Dada ainsi que de l’aile gauche du mouvement de la Nouvelle Objectivité.

 (6) Le libre arbitre est la faculté qu’aurait l’être humain de se déterminer librement et par lui seul, à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté serait déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. « Se déterminer à » ou « être déterminé par » illustrent l’enjeu de l’antinomie du destin ou de la « nécessité » d’un côté et du libre arbitre de l’autre.

(7) A ce sujet voir les travaux de Christophe Dejours psychiatre spécialiste en psychodynamique du travail.

(8) A. Mc Glashan “Daily paper pantheon” dans The lancet en 1953 pour en savoir plus sur l’analogie archétypique dans les “comic strips” LA référence.

(9) Rudolf Otto dans « Le sacré » explique que les expériences religieuses sont toujours numineuses. Or le numineux est le fait de sentir qu’à l’intérieur de soi on est submergé par une puissance qui nous dépasse. Ce sentiment est accompagné du sentiment intérieur que cette puissance est totalement étrangère à tout ce qui était connu jusque là par la personne.

(10) Pour le christianisme, c’est le Christ seul qui est sauveur, par le Saint-Esprit qui donne la grâce et ce n’est que de Dieu que dépend toute délivrance. Toujours est-il que les religieux eux-aussi sont dirigés par des images bien définies : certaines populations sont convaincus que Dieu doit emprunter la voie officielle de leur religion s’il souhaite accomplir quelque chose de bon pour l’homme… on se demande de quoi religieux et croyants sont convaincus, au juste. Ceci est une digression, reprenez votre lecture et merci de lire les notes de bas de page :)

(11) Shunryu Suzuki « Esprit zen, esprit neuf. » comme par exemple dans le taoïsme qui est dans « le contrôle juste »  lorsqu’il laisse le Tao lui-même « contrôler » et « maîtriser » la pratique, afin que la voie se maintienne et se réalise, dans, à travers et par lui. Cela semble naturel à Marsault comme cela est naturel pour la culture orientale. Voir aussi : Satori et évacuation des images le livre tibétain de la Grande Délivrance et pensez à explorer les encres chinoises.

(12) Voir Friedrich Schiller « Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme » puis Ernst Bloch et la philosophie de la renaissance. Ernst Bloch défend la nécessité de l’utopie qui, à ses yeux, n’a rien d’une forme d’aliénation. Pour ce marxiste non-orthodoxe, l’utopie permet de repenser l’histoire. Selon lui l’expérience utopique est l’occasion d’une prise de conscience renouant avec une forme de messianisme moderne.

 

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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