Lettre ouverte aux anti-Marsault, dessinateur français

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Chers amis,

Le dessinateur Marsault, qui va sa vie telle une canette de Kronenbourg roulant sur le bitume, se voit tenu par la jambe et menacé de mort par vous autres, saints adorateurs de pâtisseries socialio-anarchistes, tandis que les éditions Ring – que vous voudriez ligue vertueuse – sont mises par vous à l’index telle une banque grecque en temps de crise.

La tendance actuelle chez vous autres, jeunes gens de 15 à 25 ans, est de juger toute activité à partir de votre seul point de vue, en fonction de ce que cela vous apporte de succès en fraternité avec d’autres jeunes gens à l’expression permise par l’évolution de nos sociétés démocratiques où « argent de poche » et « allocations » signifient « évolution » et « réussite sociale ». Sur cette base où votre extraordinaire productivité se conjugue à votre formidable expérience personnelle, vous proclamez dans un grand tumulte le salut de l’humanité et condamnez l’artiste Marsault.

La sécurité financière acquise par la modernité vous permet en effet l’idéalisme … et certains paradoxes où le respect de l’Etat, la démocratie sociale, les améliorations de vie dont vous êtes les bénéficiaires sans charge, vous permettent de vous joindre à de bien curieuses rondes : vous voici donc à prier qu’un dessinateur humoristique – qui plus est un honnête citoyen – soit comme au moyen-âge mis au pilori.

Au nom de la superficialité des agréments qu’offre la civilisation, il n’est plus le temps en effet « d’être » pour ce dessinateur créatif parmi d’autres disponibles : votre préoccupation principale est l’avenir du monde, par le progrès de l’individu au nom de quoi, par un égoïsme d’intérêt supérieur, il faut réguler les relations entre les êtres humains selon vos exigences éclairées de jeunes gens de 15 à 25 ans.

Elevés par vous-mêmes en luttant seuls contre la nature brute, forgés par vos acquis personnels (sur les bancs de l’école, puis de l’université) vous voici, petits princes trop gâtés d’un système royal, tirant gloire du travail de nous autres, vos aînés, ce qui bien entendu renforce votre droit à faire à autrui la morale, rédigeant vous-mêmes les règles sans pitié vous donnant autorisation à ce que rien ne soit sans votre vigoureuse approbation. Pauvres de nous, ni civilisés, ni politisés, ni cultivés : nous avons tort de ne pas rejeter Marsault car le bonheur, c’est autre chose et nous sommes dans l’erreur !

Nous ne nous reposons pas assez sur notre humanité et trop sur notre subjectivité, nous ne comprenons pas vos insondables profondeurs de jeunes gens de 15 à 25 ans, préférant comme des bêtes l’assouvissement des pulsions instinctives que nous sert ce démon de Marsault, cet ouvrier qui n’a même pas fait d’études, contrairement à vous qui connaissez la vérité et ce qu’implique ce concept bien connu de tous : à savoir que rien n’est relatif. . .

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Du haut de votre longue expérience de la vie vous avez bien évidement largement eu le temps de voir souffrir dans des maladies dégueulasses ceux que vous aimiez le plus, avant de les enterrer avec vos proches, avec tous les êtres les plus chers à vos cœurs et ce, en si grand nombre, que le bonheur et la consolation que nous apporte Marsault est bien entendu sans appel un bonheur négatif, méprisable, fasciste, quand vous avez, vous, souffert dans la vie tout au plus d’une rage de dent.

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Vous qui avez donc uniquement saisit le bonheur mis à votre disposition, vous nous le redistribuez sous la forme de votre radicalité à tout savoir mieux que nous, qui vous sommes extérieurs en tant qu’êtres jugés stériles et improductifs, jusqu’à vous donner le droit de signer l’arrêt de mort de qui bon vous semble, toujours sur la base de votre réelle et grandiose expérience de la vie.

Point de halte pour nous qui aimons Marsault entre les jours et les nuits de nos vies humaines : l’être pensant de 15 à 25 ans est là, inquiet de moralité autant que n’ayant rien créé, jugeant que telle ou telle chose n’a pas de sens si elle n’est pas activité vitale de jolie fleur pour qui la vie ne recèle aucun secret. Grâce à Dieu vous êtes doté d’un regard perçant qui vous permet de voir d’un seul coup d’œil la nature tourmentée du cœur humain ! Grâce à Dieu vous êtes doté d’une ouïe aiguë qui vous permet d’entendre la fausse note de toute vie, vous qui comprenez, du haut de votre grande expérience de la vie, l’exacte signification de la souffrance humaine … contre nous, barbares revenus à l’animalité, arrogants que nous sommes devant les insurmontables douleurs dont souffre chaque créature.

Merci à vous Ô jeunes gens qui vous accrochez à l’inertie, merci à vous Ô idiots sans borne, merci à vous Ô persévérants stupides qui souhaitez supprimer toute activité et tout mouvement pour que la vie soit éteinte et morte, sans formes et figures… ni le moindre instinct de survie.

Merci à vous Ô têtes démises qui méritez baffes et coups de pieds au cul, de comprendre, après que nous ayons suffisamment décrit notre position, que nous vous prévenons par la présente lettre ouverte qu’en grandissant la vie n’a pas fini de vous réserver bien des surprises…

Merci encore, Chers amis, de votre attention à ces remarques, vous qui participez dans l’existence à de si grandes affaires sans rien avoir à améliorer dans vos âmes, sans le moindre sentiment fasciste de supériorité exemplaire.

Avec nos 5 à 6 décennies de joies et de peines sans le moindre intérêt, pour 01-rien.org, votre dévoué

D. BENIGUET

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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