Raphaël Glucksmann : Génération Gueule de Bois – Manuel de lutte contre les réacs – Critique et perspectives AVANT la catastrophe

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Etonnante perspicacité que celle de Raphaël Glucksmann, quand il s’agit des péripéties des relations internationales. Perspicacité qui arrive après bien des engagements dont il a su tirer l’enseignement.  Soit.  Il est toujours utile de faire le point.

Le lecteur trouvera dans ce livre qui se veut un « manuel de lutte contre les réacs’ » certaines évidences destinées à raviver la discussion.

Il est vrai qu’on ne peut dialoguer avec les extrêmes, les esprits fermés, qui ne veulent rien entendre, rien voir et rien accepter…  parce que l’homme – aujourd’hui encore – n’est tout simplement pas placé à la dimension de l’humanité. Dès lors qu’on est attaché à celle-ci, dans la période de mutation que nous vivons, ce livre est une remise en question dont nous estimons que c’est bienveillance, envers nous-mêmes et pour les autres, que de réclamer l’attention à ses propos avant de se saisir de tout jugement infaillible, où plutôt avant d’être saisi par lui sans émettre de réserve.

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« Il y a peu d’hommes qui pensent, mais tous ont des opinions. » Berkeley

 

La table des matières présente un livre divisé en trois parties ; on y constate rapidement que la réflexion ne sera pas superficielle ; pas superficielle et implacable. Cela se chapitre donc pour Raphaël Glucksmann de sorte à localiser, apaiser, surmonter la situation incertaine dans laquelle nous nous trouvons.

C’est ainsi : beaucoup ont ralliés des conceptions théoriques qui sont pour l’individu  « un remède » à ses petits et grands ennuis personnels. Les voici emportés par un courant, pour ne pas être emportés par un autre. Tous vont donc de soubresauts en feux allumés dans les esprits : griefs, diffamations, perturbations du « devoir social », comportements criminels (1) on ne saurait rester neutre. A moins de décider de dormir sur un volcan en se fichant de la cruelle réalité.

La réalité ? Elle nous parle par sa vitalité.

Il est connu que Raphaël Glucksmann ne s’empêche pas l’expérience, le fait est incontestable. Volontiers documentariste, cofondateur de l’association Etudes Sans Frontières (ESF), il fut « chargé de missions » au Rwanda et en Tchétchénie et participe à différentes activités où l’écriture tient la place centrale. Même si nous trouvons que l’écriture n’est le plus souvent que de la causerie.

S’il fait des constats dans son introduction, et si nous y retrouvons parfois notre propre pensée, il n’en demeure pas moins que certaines naïvetés nous font sourire. Le sourire de ceux qui savent que de réunir cent têtes intelligentes qui causent à Saint Germain des Prés, ne crée qu’une grappe suspendue dans les airs (2) et pas un seul honnête homme.

C’est qu’il est très difficile, dans la vie réelle, de ne pas tomber dans l’exagération de la puissance des mots (3) ce que Heidegger (4) qu’il cite avantageusement, faisait sans même le remarquer ; exactement comme les primitifs prononcent des paroles magiques.

Mais islamistes et xénophobes nous lancent des défis alors qu’en tant qu’humanité nous avons un but à atteindre.

Toutefois nous aimerions en priorité « savoir qui joue à quoi ».

Pourquoi Marine Le Pen occupe t’elle tout l’espace médiatique alors que, fondamentalement, il n’est aucune merveille dans ce Lotus dont nous soyons demandeurs ? Contre cette présence organisée qui absorbe tant d’énergie rien n’est dit sinon qu’il faut la combattre. L’actuel héritage le Pen – trouble comme se doit de l’être tout héritage d’extrême droite – et la mise en scène destinée à occuper l’espace médiatique assure permanence au FN, à défaut d’idées, encore et toujours.

Mais peut-être y a-t-il derrière tout cela la mise en valeurs de sauveurs ? N’avons-nous pas, justement, des élections présidentielles à un seul tour ? C’est nous en jouer un bien mauvais que de nous organiser ce théâtre et verser autant de sable dans les yeux du citoyen.

Qui a dit que nous aurions, face à cela, « une commune démission » ?

« Comediante ! Tragediante ! »

Nous rappellerons seulement que les mondes des dieux grecs et romains se sont effondrés après une longue période de critique populaire de leur mode de vie absolument scandaleux. A bon entendeur…

Et toujours  peu de « jeunes » en politique. Toujours les mêmes … et qui nous parlent de « diversité » par-dessus le marché !

En d’autres termes : méfiance ! Derrière toute chose il y a une ombre avec laquelle parfois certains jouent. Sans se souvenir eux-mêmes que l’ombre attaque toujours par derrière.

A quoi faisons-nous face ?

Poutine, le Pen, Zemmour, Soral, Dieudonné dans un monde où

« L’invention d’internet » est une « transformation du monde en Agora » alors que « les réseaux sociaux ne peuvent bloquer une colonne de tank »(propos rapportés de Ioula Tymochenko p 57) et que certains s’étonnent que « le président ne démissionne pas à la simple vue de nos pouces baissés sur Youtube ».

 Nous faisons face également au discours de Daech encourageant à tuer de n’importe quelle manière :

« Avant il fallait devenir djihadiste, être formé, recevoir l’onction d’une autorité pour se voir confier une mission de mort, désormais c’est en tuant que l’on s’affirme djihadiste. » « La bien pensance, ou plutôt la non pensée, d’élites refusant pendant si longtemps de dire contre quoi la république devait lutter se fonde en réalité sur le fameux « amalgame » qu’elles prétendent éviter. »

Perspicacité.

Perspicacité également quand il dénonce l’axiome réactionnaire « 68 a gagné »… et de nous décrire une société ou règnerait vraiment les “valeurs” de 68 ! Un panorama qui, il est vrai, seuls certains égouts ayant été ouverts, n’a rien à voir avec aujourd’hui ; un élément parmi tant d’autre qui nous pousse à présenter cet ouvrage. Le chapitre « Opération Zemmour » étant, quant à lui, une merveille d’intelligence devant l’état psychique « exceptionnel » de ce grand inconscient (5).

Perspicacité toujours quand il dénonce l’inféodation de l’extrême droite à Poutine et ses quarante millions prêtés ou plutôt versés au FN – car « le remboursement n’est pas coutume dans ce type de programmation » – les extrêmes droites européennes, la « Manif Pour Tous », la cinquième colonne « conservatrice » : Douguine, Imran Hosein, gens qui « prônent l’alliance de la Russie et de l’Oumma  contre l’occident avec l’Europe comme champ de bataille à venir ». L’Europe comme champ de bataille, pas nouveau : une vieille idée américaine, c’est un comble…

Notre combat ! (6)

L’universalité des droits.

L’islamophobie remplaçant progressivement le mot racisme quel discours adopter ? Foi républicaine ? Voltaire mais comment ? L’Europe ? … en fin de compte projet qui nous est cher :

« Comment émanciper l’espèce ? ».

Hélas même chez Raphaël Glucksmann l’identification aux mots est permanente… les sens qui s’en dégagent, être possédé par des concepts, est-il vraiment la seule solution que l’on ait ?

Pourtant comme Raphaël Glucksmann le fait savoir lui-même dès le départ, on a compris quelque chose uniquement quand on l’a vécu, mais pas avant… il est pourtant facile à comprendre que le mot « marteau » si on le connait, qu’on a pris un marteau en main,  ne nous hisse pas encore au niveau de fabriquer nous-mêmes un marteau, seul moyen d’en connaître le sens en profondeur, de le vivre. Mais reste alors à gérer l’ombre de notre capacité à fabriquer un marteau….

Néanmoins tout individu est assez « scientifique » s’il sait observer les faits, y compris observer les faits qui sont en lui ; or, en réalité, les réacs’ font « simplement » obstacle à la compréhension claire des faits.

Jusqu’ici les solutions proposées dépendent de tant de conditions locales qu’il est difficile de trouver une solution générale.

Et Raphaël Glucksmann de nous parler des Lumières… selon nous

La crise des Lumières

Longtemps déjà, avant l’ère hitlérienne, le cosmos de notre moyen âge s’était effondré, l’idée de Dieu éparpillée et progressivement surgit au XVIIIème siècle « la période des lumières » ; ce fut le temps de la science : mettre en équation avec une intelligence humaine des constats qui n’expliquent rien ; le temps des  créations de l’homme par sa pensée, la raison contre l’irrationnel ; autant dire que nous avons pris l’habitude de paraître tout ce que nous ne sommes pas.

« Les lumières » auraient dû aussi se tourner vers l’intérieur car enfin devons-nous encore avoir à prouver la religiosité de l’homme ? La forme d’innocence qui va avec ? La spiritualité fait partie de l’histoire des idées. Pas d’accord ? Pourtant, en cas d’urgence « c’est plus fort que vous » vous vous exclamez pourtant « Nom de Dieu ! ». Oui, c’est plus puissant que vous et nous devons discuter de l’image et de son interprétation sans une autre foi qui est de ne pas tenir compte de l’autre. Et ce n’est pas la peine de « jurer des bons dieux » sous prétexte qu’ils sont de nature – et qu’ils soient de nature n’est pas rien – religieuse ! Depuis la nuit des temps, depuis la sombre caverne et la forêt nous usons de symboles religieux pour nos lois, démons et dieux. Reste pour enfoncer le clou que le moi individuel fut progressivement divinisé (ou Nietzsche n’a jamais existé !).

« La lumière ?! » Freud, lui au moins, savait nous apporter la peste (7) en fondant la psychanalyse !

Alors oui, Raphaël Glucksmann a raison, il faut combattre partout et tout le temps chaque vision horrifiante rencontrée dans le réel. La conscience de la faute peut être un puissant stimulant moral. Oui, il a raison, il faut « (ré) enfanter » la république, il faut éduquer à l’universalisme…  mais cela veut dire pour le Mouvement Vers Rien 01-rien.org, éduquer à la totalité, mais dans l’ordre : il faut éduquer à la totalité de l’être.

Mais il y a la peur de l’autre.

La peur ? « La théorie du grand remplacement » ? Pourtant l’Islam n’a jamais pu pénétrer l’Abyssinie, les asiates ont absorbé notre technologie et demeurent des asiates, nous pratiquons judo, bouddhisme, arts culinaires exotiques et sommes toujours Français. (8)

Raphaël Glucksmann souhaite nous rendre responsables, compte sur la capacité d’apprendre de notre espèce. Nous aussi…  malheureusement on ne peut adresser de prêches aux hommes sans quoi il n’y aurait plus aucun crime, depuis le temps qu’il y a des prêches ! Si nous ne parvenons pas à modifier la conscience humaine, nous ne réussirons pas non plus à concrétiser un idéal. Et la déraison de l’humanité est un ensemble.

Selon nous, l’instinct seul permet de trancher : pour cela il faut dire et faire « quelque chose » et le dire et le faire d’une façon très dur. « L’extrême droitiste » n’est pas à traiter comme un pauvre malade que l’on soigne. Il faut le considérer comme un être humain, tout de même. Et lui faire cet honneur, c’est le traiter en homme, en le condamnant donc comme un juge de la nature, toujours cruelle (bis) envers les inconscients.

Oui, avant que les fascistes ne nous jettent dans des kraters remplis de nous (9) sans que le grand nombre remarque ce qui se passe, nous n’avons pas le choix ; devant la nature est coupable celui qui boit de l’eau dont il sait qu’elle peut être empoisonnée et celui-là qui a la diarrhée n’a pas atteint le niveau de conscience pour lequel il était fait. Nous ne sommes qu’au début d’une vraie conscience et nous ne saurions porter de culpabilité envers les inconscients alors même que nous ne savons pas à quel moment l’humain a pris conscience de ses actes ; alors même que ceux qui ont atteint la conscience ne sont majoritairement pas conscients de ce qu’ils pensent.

Un marteau est destiné à taper sur la tête d’un clou. Pour bien le faire, il faut voir les choses en face. Et il n’est point besoin pour cela de tomber dans une névrose de mots. Ou de prétendre lutter par des demi-mesures : pourquoi Dieudonné bénéficie-t-il d’une page Facebook, ou plutôt « qui chez Facebook ferme la page de J.P. Pernaut mais pas celle de Dieudonné ? ». Qui prétend taper Dieudonné au portefeuille par un contrôle fiscal 2005 – 2015 quand il a fait le gros de fortune de 1995 à 2005 ? Cela suffit !

A moins de se vouer à écrire des livres moralisateurs sur « Après la catastrophe »,  « l’heure est venue d’agir.»  Ce sont bien les derniers mots de ce livre.

Cela veut dire qu’il faut toucher aux choses telles qu’elles sont, ne pas se contenter de les déplorer en disant ce qu’il faudrait faire.

Etre un pionnier n’a rien d’amusant

Quelques exemples :

♦ Le chemin qu’a toujours suivi Jonathan Simon Sellem est celui du dialogue et de l’argumentation. Il est apparu – y compris à des proches de Dieudonné – comme un homme sans double langage, un médiateur tirant les individus vers son champ de conscience, laissant se produire en eux, patiemment, librement, l’élévation inéluctable. Ils furent nombreux, les samedi soirs au TMO, où Dieudonné lui-même était tenu informé des nouvelles sur JSS News… il fut même cité dans un sketch ! Consécration pour celui qui eu plus tard à cœur de joindre au téléphone les quenelliers, et parmi ceux qui travaillaient pour la république, de leur demander de vive voix des explications. Ainsi par excellence, son excellence – puisque élu conseiller consulaire en 2014 – n’hésita pas à prendre attache directement avec tel éducateur formant la jeunesse à faire des quenelles (entre deux vidéos-gag se moquant d’Auschwitz), tels militaires ou tels pompiers en uniforme dont les statuts sont pourtant particulièrement clairs sur le devoir de réserve, tant dans la Fonction Publique Territoriale que dans l’armée. Des cas où la question du point de vue ne se pose donc pas : un fonctionnaire ne peut à la fois travailler dans l’espace républicain et présenter publiquement sa haine d’une partie des citoyens. Les quenelliers ne regrettaient rien ? Pour nous aussi c’est sans regret ; nous appuyons ce type de  démarche : nous ne sommes pas coupables du fait qu’il existe des inconscients. Qu’ils soient licenciés, qu’ils aillent s’échiner à être stupide chez Riwal (la société de Fréderic Chatillon) ou demander un job à leurs gourous. Préférez-vous avoir affaire aux conséquences de laisser faire ces idiots ?! Nous ne prenons pas, nous, ces gens pour des cons ; par contre, nous les prenons comme ils sont, puisque nous ne pouvons les prendre autrement… c’est à eux seuls de trouver la voie pour s’en sortir, nous avons autre chose à faire : pas question d’aller au secours du mal.

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♦ Jérémie Maradas Nado alias Jo Dalton, personnage aux multiples facettes et cinq fois champion de France de Tae Kwon Do, trouvant la force d’échapper à un destin de délinquant, met le sport de combat au service du bien, pour la rue. La démocratie n’est pas une bataille de rue, certes, mais on ne saurait faire abstraction de neuf millions de pauvres et de nos populations les plus désespérées, de nos cours des miracles. Combien d’enfants, de jeunes hommes en perdition, plantés devant lui comme autant de défis, a t-il mené à la connaissance réelle de soi, l’expérience, la réalisation ? Il est un déclencheur qui ne s’arrête pas à l’information, mais à la transformation. Jo Dalton est passé Maître en philosophie asiate (celui qui désire l’entendre aura les conseils d’un sage ami) a trouvé par le sport une structure commune avec les autres habitants de la terre. En restant noir. Une excellence à communiquer, là aussi.

Il nous faut vivre une vie d’homme complet – pour le croyant dans et avec l’esprit créateur en partageant ses aventures – il nous faut retrouver notre héroïsme antique d’individus face aux individus de Daech.

Par ailleurs y a-t-il d’autres hommes que des individus ? Pas à notre connaissance !

♦ Puisque Raphaël Glucksmann aime les traits délibérément meurtriers que décochait Monsieur de Voltaire – autour duquel il sera difficile de rassembler entre autres “les afro-descendants conscientisés” – et que le paradis musulman et sa surestimation de la sexualité pose problème, voyons sa confession :

– « Regrettez-vous tous vos péchés, Monsieur de Voltaire ? »

– « Mais oui, mon père, et surtout ceux que je n’ai pas commis. »

N’y a-t-il pas là l’idée d’une pièce «  Voltaire au paradis d’Allah » où tous pourraient se retrouver – qui sait – dans la bonne humeur ? En tout cas nous insistons sur la nécessité d’une victoire des croyants sur eux-mêmes dans leur propre vie spirituelle : la conscience est une faculté personnelle et non collective.

* * * * *

Au final un livre nécessaire, enrichissant par les étapes de vie de son auteur, participant d’une volonté de formation d’un authentique front républicain, visant à rendre à l’homme son universalité par-delà les plans politiques avec un message clair :

Il y a une massification et un totalitarisme qui s’attache à créer une psyché collective réactionnaire dévastatrice et c’est le plus grand danger pour notre civilisation.

Demeurent l’intellectualisme (10), les idées éthérées et leur volonté d’hégémonie : même Raphaël Glucksmann considère Heidegger référence alors que philosophiquement déchaîné, ne maitrisant que l’art du compliqué pour dissimuler son absence de fruits. Il nous faut, en résumé, une philosophie critique et cesser les combats systématiques pour lutter contre sa propre incertitude, sans quoi les qualificatifs de « bobos » ou « gauchiasse » auront le dessus à chaque fois qu’un républicain ne ramènera pas ce qui est manié et remanié par le facho à la question « qui pense » ?

Le philosophe universaliste se doit d’être un tout avec lui-même avant que de proposer ses imperfections à autrui ou d’accepter celles des autres.

Dire des choses qu’elles doivent changer, s’en plaindre, se dresser contre les conditions extérieures à grands coups de bla-bla, avoir une volonté d’avenir historique (11) n’est pas la question principale : la question  principale est de savoir comment nous changeons.

Reste que quand un livre revient sans cesse sur « l’horizontalité et la verticalité » des choses en posant tant d’éléments sur la table, il nous paraît opportun de souligner, qu’avant la catastrophe, le point d’Archimède, l’irremplaçable levier, Ô lecteur, c’est toi.

♦ ♦ ♦

Allary Editions

 

(1) Jusque dans les établissements scolaires eux-mêmes ; lire « Contre le harcèlement scolaire et le durcissement asocial –  Nora Fraisse – Marion 13 ans pour toujours. »

(2) Cela est bien dans un cosmos ordonné, mais vulnérable au premier coup de bâton face au chaos éternel.

(3) Voir la rubrique Ethique du rien – Essai sur le coté obscur de l’homme – Essai sur le coté obscur des concepts.

(4) Heidegger ! Oui … mais voilà une affaire (allemande) de vocabulaire, intraduisible en définitive. Exemples pour la compréhension du lecteur : Qu’est-ce qu’un re-boisement sinon un boisement, qu’est-ce qu’une sub-division sinon une division ? On n’avance pas vraiment là…. pas plus que dans un autre domaine avec « le traumatisme de la naissance ». C’est beau à lire. C’est du Otto Rank. Mais puisqu’on n’a jamais pu observer la psychologie de quelqu’un qui n’était pas né, à partir d’où détermine t’on ledit traumatisme ? Des mots, du vent.

(5) Oncques n’a vu de si justes choses écrites sur Zemmour.

(6) Titre du dernier chapitre de « Génération gueule de bois » dont nous nous emparons.

(7) Déclaration de Freud à Jung en arrivant aux Etats-Unis « Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste. »

(8) L’islam un danger ? L’islam peut aussi être logé en France comme il finit déjà dans la société traditionnelle africaine : au vu du « pourcentage de Dieu dans le Coran » le Marabout (chacun ayant son invincible technique) inclura dans « sa potion » ou dans « un petit sachet de cuir » quelques versets coraniques protecteurs et la structure familiale traditionnelle africaine autant que la société traditionnelle n’en sont nullement perturbées.

(9) Krater : Vase utilisé dans la Grèce antique pour mélanger l’eau et le vin. Ici la chair et le sang. Nous pour Noûs : l’esprit, l’intellect.

(10) Sans compter qu’« il arrive toujours à l’heure celui qui sait vous indiquer le chemin quand votre roue de charrette est cassée. » Proverbe Yougoslave

(11) L’avenir historique ne nous intéresse pas.  Il y a un vouloir en chaque individu et, pour nous, l’histoire n’est rien d’autre que l’accomplissement de ce vouloir. N’entre pas en ligne de compte une condition historique visée, avec des jugements moraux qui ne concernent pas l’essence des choses. Nous laissons aux politiciens l’art de nous expliquer que le froid est une chaleur réduite, que quatre-vingt-dix-neuf est cent moins un et la fourchette un instrument à dents multiples. Qui plus est ces points de vue avec un degré de conscience hérité du XIIIème siècle ne sont en aucune manière intelligence, philosophie ; ils sont stratification historique, rationalisation cousue de fil blanc, dont nous avons assez, au XXIème siècle. Il n’est pas question pour nous de perdre contact avec notre temps et la réalité, la réalité non-illusoire dont nous voulons qu’elle advienne.

 

Illustration de l’article : La naissance de l’oiseau de feu dans la fleur d’Agathe – Huile 1974 – Peter Birkhäuser

 

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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