D’Albert Schweitzer à Booker T. Washington et Julius Rosenwald : réflexion sur l’humanitaire et remerciements sincères – 2015 année de la cause noire, chapitre 12

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Il ne faudrait pas, en lisant cet article, qu’une ONG quelconque se sente visée, même s’il est tout à fait normal de répliquer de temps à autre à ceux qui prêchent des leçons d’humanité sans jamais s’épuiser ; pour combattre, il est vrai, la hausse du taux de mortalité … mais sans jamais se poser de questions sur leur éternelle résurrection, à eux.

A partir de quand avons-nous le droit de jouer les missionnaires, que l’on soit chrétien, musulman ou laïc et de prêcher la paix, l’amour, les lumières et cætera ? Certainement à partir du moment où, dans le royaume chrétien, dans le royaume musulman, dans le royaume laïc, nos problèmes sont réglés.

C’est vraiment prendre les noirs pour des imbéciles profonds, voir des débiles légers, que d’avoir, nous, la naïveté de croire qu’ils ne se rendent pas compte que nous œuvrons, aujourd’hui comme hier, dans « l’humanitaire » par la bouche de gens par ailleurs fermement décidés à s’entretuer…

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Pourtant s’il était une mesure humanitaire à prendre, une mesure d’importance, pourquoi donc Albert Schweitzer – pasteur Luthérien devenu « pour la cause » docteur en médecine – ne s’est-il pas préoccupé, par hygiène, de l’état du christianisme en europe plutôt qu’au Gabon ?

C’est que – que l’on soit Schweitzer ou pas – la première option risque de vous rendre dangereusement impopulaire et que la seconde fait de vous un saint ; un saint qui ne remet jamais en question le sentiment de supériorité de l’homme blanc. Néanmoins si Schweitzer avait exercé ses talents de pasteur et de joueur d’orgue à éduquer l’âme allemande, le nazisme ne se serait peut-être pas développé. Et quelle était alors la conception humanitaire la plus chrétienne ?

Contradiction biblique et nous avons tranché : Albert Schweitzer a fui devant le problème qui s’appelle europe pour mieux écrire une bien émouvante romance africaine ; que voulez-vous, l’époque était déjà aux selfies. Cette dernière épidémie – le selfie humanitaire – étant une catastrophe, comme peuvent l’être tous les dangers que l’homme peut être aujourd’hui pour l’homme.

Si les ONG n’y voient pas toujours clair – ou du moins sur certains dossiers pas plus clair que de vulgaires francs-maçons, lourds comme le métal et la pierre  – c’est peut être que Nietzsche a raison et que Dieu est mort : place au surhomme ! Un surhomme vénéré de façon ô combien corruptrice …

Et alors qu’attendons-nous pour émigrer en masse, sauver de « pauvres noirs », quand nos maladies de l’âme sont si épouvantables, et devenir à notre tour des saints  – des saints qui rentrent chez eux pour les fêtes – mais des saints quand même ?

Bien entendu, rappelons-le ici, pour le Mouvement Vers Rien 01-rien.org, l’homme est un porteur de vie et à ce titre un facteur essentiel. Peu nous importe que ce facteur de vie soit blanc ou noir, riche ou pauvre, père de famille nombreuse ou pas : ce qui compte ce sont ses sentiments, ses pensées et cætera (bis), autant de choses invisibles, autant de caractéristiques qui sont ce qu’elles sont,

 MAIS pour 01-rien.org il n’y a qu’un seul critère valable : être conscient ou pas, autrement dit avoir des illusions sur soi-même ou pas.

 Ce pourquoi nous voici aussi rudes, présentement.

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Qui se sent morveux, qu'i se mouche

Idem

“Qui se sent morveux, qu’il se mouche.”

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Booker T Washington Julius Rosenwald, un écrivain noir et un businessman juif, trente ans après la fin de l’esclavage, se retrouvent à un moment donné ailleurs que sur un amour universel sans objet précis. Le noir en tant qu’humain étant censé être nul sur la base insignifiante de sa couleur de peau, ce n’était vraiment pas rien que de s’opposer au préjugé d’infériorité raciale et imaginer que, par l’instruction et la scolarité, un noir puisse, un jour, devenir président des USA.

Instruit par l’oppression que les juifs blancs ont subis de la « race blanche », Julius Rosenwald a mis le paquet convaincu par un Booker T. Washington qui ne se faisait pas d’illusions parce que métis en accord avec lui-même ; autant de bonnes raisons de ne pas prendre la fuite devant le problème à sa porte pour aller soigner les fléaux qui frappent à l’autre bout du monde. Résultat : des livres, des bâtiments pour les afro-américains jusqu’en Alabama… combien de lieux d’étude ? A la fin de sa vie, Julius Rosenwald, entre charité juive et institutions noires, avait créé plus de cinq mille établissements pour soixante-dix millions de dollars.

En avez-vous jamais entendu parler ? Il y a fort à parier que non pour le plus grand nombre. Et pourtant ces dons sont magnifiques, il n’y a pas d’autres mots.

Toujours est-il que par ces établissements, écoles publiques, collèges et universités des lumières nouvelles ont été allumées, et ces lumières sont essentielles. Tellement essentielles… et nous qui avons toujours la volonté de chercher les mots justes, nous retrouvons soudainement comme devant des photographies de l’univers, touchés étrangement au-delà de toute mesure sans envie ni pouvoir d’en parler.

Ce pourquoi nous formulons ici pour qu’ils les reçoivent de quelque façon (bien que nous ne sachions ni d’où ni comment) à Booker T Washington et Julius Rosenwald, nos remerciements les plus sincères.

Aux évidences bouleversantes et aux rationalistes bienveillants.

Au mieux possible individuel et à la loyauté.

 A Jonathan.

 

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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