Blasphème, cycles et chocs des civilisations : vers un autre monde.

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Le Mouvement Vers Rien 01-rien.org ne souhaite pas attaquer la religion musulmane, pas plus qu’il ne souhaite attaquer la religion chrétienne, pas plus qu’il ne souhaite attaquer les incroyants. Malheureusement il semble que tout le monde se livre à des échanges plus ou moins polis alors que les plus psychopathes semblent avoir décidé la chute de l’homme.

Dans la présentation des faits qui nous tombent dessus, nous ne pouvons que constater que chacun a édifié pour son compte, qui l’inviolable temple de sa confession, qui l’inviolable valeur morale consistant à rejeter tout système religieux qui se veut interpréter le cosmos alors qu’il est vrai qu’aucune pierre, qu’aucune preuve de ce système cosmique ne repose sur le sol de notre terre.

La seule qualité que le croyant peut attribuer à Dieu, c’est sa présence et celle-ci n’est pas défini : si elle l’était, Dieu ne serait pas Dieu puisque sa définition est son infinitude ; c’est pourquoi il n’existe pas de preuve de l’existence ou de l’inexistence de Dieu.

Il est facile à comprendre que le droit que l’on peut avoir d’expliquer le monde du point de vue de Dieu, c’est un peu comme si vous voyiez tout en jaune et professiez ensuite que le jaune existe pour tous : entre autres choses, c’est profondément immoral (1) .

Mais le croyant n’entendra pas ces raisonnements : tout est dans son Saint Livre.

C’est vouloir mettre l’incroyant dans la position d’avoir tort, alors que la discussion est impossible. Elle est impossible car, si Dieu il y a et qu’il se soit manifesté à des humains, ce ne sont que des humains avec un cerveau humain qui jugent que Dieu s’est manifesté… et ce ne sont toujours que des humains qui se manifestent à nous, pas Dieu.

Ceci ou cela est la parole de Dieu ?! Vraiment, et sur la base de quelle démonstration ?!  Il y a suffisamment d’affirmations non démontrées dont nous sommes en attente du moindre début de preuves. Tout être humain est prêt au combat pour la vérité SUR LA BASE DE PREUVES. Tout ce que nous voyons, ou plutôt tout ce qu’on nous montre à voir, ce sont des excités.

Le musulman a de la peine que l’on caricature son prophète. Soit. Le Coran, et ceci qu’on l’accepte ou pas, est une forme particulière de nos idéaux originels. Nous tenons à rappeler ici que le très grand Raymond Devos, sur lequel nul ne tarit d’éloges, n’était pas partisan de « l’humour méchant » : l’humour ne faisait pas de victimes. Il faut donc avoir bien en tête qu’il n’est pas impossible de faire rire sans lourdeur, sans terreur.

Il est facile de se dire également que le musulman tel qu’il nous est présenté à grands coups de manchettes journalistiques, semble avoir de la peine pour beaucoup de choses.

Dans un premier temps, dans les années 90, le musulman – parmi ceux qui se  présentent d’eux-mêmes un peu barbus – avait de la peine qu’il n’y ait pas aux urgences un médecin-femme pour son épouse dont la précieuse cheville ne saurait être tâtée par un autre homme. Et il gueulait.

Dans un second temps, dans les années 2000, le musulman – parmi ceux qui se présentent d’eux-mêmes moyennement barbus et déjà barbants – avait de la peine que des jeunes filles ne puissent arriver avec un voile à l’école. Pourtant, l’école est certainement le dernier lieu où afficher une appartenance communautaire vu les qualités pédagogiques des communautés. C’est ainsi, aucune communauté ne peut échapper aux lois de la psychologie des masses, il n’existe pas de communauté où est laissé la pleine expression de lui-même à l’individu qui vit en elle. On va donc à l’école de la république pour apprendre, pas pour en apprendre aux autres ou leur en remontrer. Surtout en gueulant.

Dans un troisième temps, aujourd’hui, le musulman –  parmi ceux qui se présentent d’eux-mêmes autant barbus que  barbouzes – a de la peine pour un dessin, une caricature du prophète. En ouvrant grand la gueule, kalachnikov en main.

Ce petit jeu sur le fil du rasoir commence à bien faire. Savez-vous, amis barbus, barbants et barbouzards, que nous ne sommes ni aveugles, ni idiots ?! C’est la technique classique de la provocation, qui n’attend que de pouvoir crier ensuite à la persécution, à l’islamophobie : l’islam ne s’est pas développé autrement en Asie et est majoritairement asiatique aujourd’hui. Cette stratégie de conquête est efficace, mais elle ne passera pas par nous. Que ceci soit bien entendu.

Mais il y a surtout et fort heureusement les musulmans qui n’ont pas à se présenter puisque nous les connaissons bien ; ils n’ont pas à s’excuser d’être musulmans ; ils sont victimes de nos agresseurs et cet islam là est englouti dans notre monde post colonial au même titre que bien des rayonnements bouddhistes, extrême orientaux et autres zen attitudes. Nous avons en France, par cette vie commune, une nouvelle vie commune, une société unique et nous pouvons d’autant mieux la voir que, si elle a jamais vraiment été, elle semble être derrière nous.

L’incroyant lui aussi a de la peine : le concept naïf qui est celui des religions exige que sa magie soit entendue. En l’absence de preuves, ce concept a tout d’une escroquerie, d’un commerce du sacré, pas d’une révélation qui serait divine. Il n’y a qu’à l’hôpital psychiatrique qu’on est censé trouver des gens qui sont les seuls à voir des choses dont ils sont les seuls à avoir connaissance. Rappelons que les croyants y vont plus souvent qu’à leur heure de leur « coup de fil au bon dieu », pour ainsi dire, et cela c’est bien de la folie…

Dans un premier temps nous souhaitons faire remarquer qu’en religion, si Dieu est un mystère (2) sa symbolisation a pour but de prévenir les interprétations. Le but du symbole religieux est de protéger le croyant des attaques extérieures. C’est un gri-gri protecteur. Franchement s’il se fait qu’un simple dessin dérange, c’est que ce symbole n’est pas bien costaud. Alors, ceux qui s’excitent croient-ils en un symbole ou en une idole ? Chacun sait que le symbole instruit et que l’idole aveugle, les pensées et les actes de certains croyants  sont donc sans équivoque.

Dans un second temps que les athées parmi les incroyants – qui ont le sens de l’humour, de la dérision – veuillent bien se rendre compte quant à eux, que lorsqu’ils disent croire en l’ampoule électrique et pas au soleil ils se mettent dans une situation cocasse, pour peu qu’on y réfléchisse.

Mais au final il y a dans cette histoire de blasphème une manœuvre, des violences où des individus ne visent qu’à jouer les héros, les justiciers de Dieu qu’il faudrait comprendre. Ceci d’autant plus qu’il y a une sacrée différence, une différence sacrée, entre affecter une croyance et croire (3).

Qui plus est le blasphème ne concerne que celui qui croit en Dieu, en aucun cas ne peut blasphémer celui qui ne croit pas en Dieu.

Ce petit jeu (bis) qui consiste à ne pas vouloir comprendre est une attitude terriblement humaine et donc tout à fait malheureuse face à un non-croyant.

En Europe on a depuis plus longtemps qu’en islam ce genre de débat. Sous nos cieux, quand on parle de Dieu, il est admis qu’on ne sait pas de quoi on parle – ce qui est parfaitement exact – et les idées de cette sorte sont classées parmi les reliques abstruses du passé. L’inquisition et les guerres de religions sont déjà passées avant vous, camarades ! Mais savez-vous seulement vous êtes et quand vous êtes ? Pour beaucoup d’entre vous apparemment non. Ou quelqu’un vous le désapprend.

Tandis que les chrétiens sont la religion la plus persécutée dans le monde – par des musulmans, pas par des martiens ni en leur nom – nous trouvons dans « les écritures » que le diable avait voulu emmener Jésus à se proclamer maître du monde. Peut-être certains évènements historiques de l’islam, lors de la succession du prophète, devraient être relus. S’il n’existe pas de clergé compréhensible en islam, les chiites sont l’exception qui confirme la règle. Et ce sont évidemment les “généreux mécènes” tenants de « l’islam de tolérance et de paix » qui persécutent les chiites « qu’il faudrait effacer de la surface de la terre » ce qui en dit long sur le sort qui nous attend, alors que l’histoire du chiisme est en tout point édifiante sur les réserves que nous pouvons avoir quant aux autres composantes de l’islam.

Ces autres composantes de l’islam sont incapables de communiquer sur le fait qu’en islam, en cas de blasphème de cette sorte sur une terre non-musulmane, il est simplement prié à l’adresse des blasphémateurs « que périssent leurs mains ». Insulte pour insulte, le compte y est. Sans gloire. Mais il est vrai que ces autres composantes se croient pour beaucoup à l’époque de l’attaque ottomane sur les foyers de la civilisation occidentale, tandis que la mondialisation se charge d’une offensive dont seuls les communistes avaient le pouvoir, se figurant être à eux seuls, pour ainsi dire, socialement l’évangile toute entière.

Si nous admettons que notre civilisation séculière occidental est post-chrétienne, elle est alors au mieux une répétition de la civilisation gréco-romaine préchrétienne. Donc, que nous apportent ces religions ? De ne pas tomber dans la cessation de toute activité spirituelle ; nous vivons en occident sur un capital spirituel  chrétien, sans foi chrétienne ; nos dirigeants veulent prendre dans leurs filets toutes les autres civilisations et aussi bien les sociétés primitives qui ne sauraient vivre sans coca cola : unification économique sans précédent… nous avons besoin de spirituel.

Il est donc urgent que l’islam commence à se mettre debout sur ses propres pieds, que de nous casser les nôtres : vu la désunion en islam, il est mal venu ce manque de courage qui interdit le blasphème, ils sont mal venus ces idéaux que l’on prêche mais n’applique pas, parce qu’on en est incapable. Oui, tout est cela est « certainement » bel et bien vrai… et les musulmans peuvent supposer qu’il est interdit de blasphémer, il n’est pas question de l’accepter. Bien au contraire : il faudrait penser à montrer que ces symboles religieux « intouchables » sont efficaces – déjà, contre la susceptibilité – plutôt que d’emmerder le monde entier.

Cela n’ira certes pas vite, mais le Mouvement Vers Rien 01-rien.org est confiant.

Recevoir des greffes, c’est bien là l’Histoire ; les deux mots Jésus-Christ témoignent précisément de la rencontre entre une civilisation gréco-romaine et une civilisation syrienne, rencontre d’où est sorti le christianisme. « Jésus » est la troisième personne du singulier d’un verbe sémitique ; Christ est le participe passé d’un verbe Grec. Ce double nom témoigne que le christianisme est né d’un mariage entre deux cultures.

Comme il va vous l’être rappelé, les chocs des civilisations n’ont jamais cessé, il est donc inutile de crier au choc des civilisations comme s’il s’agissait d’une nouveauté. La résistance armée juive à l’impérialisme des grecs et des romains en palestine, les parthes et perses contre la dynastie sassanides, les arabes musulmans récupérant le moyen orient en moins de temps qu’il n’en fallut à Alexandre le Grand pour le conquérir, tout cela n’est-il pas « choc » ?

Faut-il rappeler les racines mosaïques de l’humanité ? Les moissons de la civilisation égyptienne ?

Nous sommes des hommes de douleur, nous sommes des souffrances, c’est une très vieille idée mais le cycle des civilisations, s’il réclame notre vigilance, commande aussi notre admiration de l’espèce.

Il est impossible d’éviter pour l’avenir bien des heurts ; Le Mouvement Vers Rien 01-rien.org préfère pour l’avenir AIDER son prochain à obtenir ce qu’il cherche lui-même : c’est un bon objectif pour une amélioration sociale. Oui, un monde où le croyant aide l’incroyant à rire, où l’incroyant aide au progrès spirituel est inconcevable, mais c’est déjà mieux que de prétendre AIMER son prochain, surtout mort.

Nous sommes en train de vivre de grands changements, les grandes questions de la mondialisation n’apportent pas de réponses : c’est sur ce silence qui n’est pas le nôtre que nous souhaitons terminer.

(1) Nombreux parmi vous trouveront d’autres qualificatifs plus adaptés à leur individualité…

(2) Et sur un mystère on ne peut pas dire grand-chose sinon qu’il est mystérieux.

(3) Affecter (une croyance) : feindre ou exagérer certains sentiments, certaines qualités, marquer une prédilection excessive pour certaines choses. http://fr.wiktionary.org/wiki/affecter

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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