2015 année de la cause noire – Chapitre 4 – Révolte noire avant et après « l’indépendance »

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Alors même que les sociétés pré-islamiques et pré-chrétiennes organisées politiquement du Soudan, de l’Afrique centrale et orientale (1), de l’Afrique du sud, du Sahara au bassin du Congo « étaient dans le coup » longtemps avant l’arrivée des occidentaux « modernes », alors que des villes, des administrations, des faits de commerce, de philosophie et autres réalisations africaines sont comparables à celles d’autres sociétés, alors que les relations culturelles, sociales, de l’homme avec la nature non-humaine par des cosmologies hautement intégrés véritablement pré-scientifiques s’y distinguent, rien n’y a fait et n’y fait encore : être noir c’est être un homme, nié, parmi les hommes, entre mépris et condescendance.

Etre rabaissé au rang de sous-homme, à qui « on ne peut apprendre que ce qu’ils peuvent comprendre en l’état actuel de leur cerveau » prétendre faire de l’homme noir un homme nouveau, avec rudesse vu « son inaptitude au confort, à la technique, au progrès, son étonnante familiarité avec la misère » chez qui « la paresse côtoie la violence », que soit comparé – comme le dénonça Frantz Fanon – « l’homme africain à un européen lobotomisé », être réduit à l’esclavage, à l’oppression la plus sauvage, à la fois politique et culturelle, toute cette violence, naturellement, appelle une réaction suprême : la révolte.

Encore une fois, il ne suffit pas de nier la réalité pour la voir disparaître et encore une fois, les erreurs morales et intellectuelles, les aberrations de ceux qui se voulaient « des maîtres » trouvèrent – comme l’histoire ne semblait pas le leur avoir appris – des hommes, des femmes qui relevèrent le défi avec lucidité et courage, se montrant en tous points des hommes, des femmes, parmi les plus grands de tous ceux qui sont intervenus dans l’histoire de notre humanité. Ces hommes, ces femmes, se sont levés, ont combattu, sont morts et ont pu vaincre le despotisme. Le Mouvement Vers Rien 01-rien.org rend hommage à ces actes créateurs. Créateurs de quoi ? De Croissance et d’humanité.

–  De croissance.

La vie humaine n’est pas un simple mécanisme matériel, elle est avant tout spirituelle, elle est avant tout maîtrise de soi. On peut contrôler ses victimes un certain temps, car l’humain doit passer de la résignation à l’effort. Mais tôt ou tard les révoltes arrivent, elles furent nombreuses et nous en avons connaissance, plus ou moins ; mais l’africain d’aujourd’hui, toujours, est dans ce parcours vers lui-même ; en résumé, contre la rigidité mentale, la croissance est notre humanité.

–  D’humanité.

Non, l’africain en révolte n’est pas un hystérique, non, il n’est pas un paranoïaque : il est un insoumis, en lutte pour ses droits. Il peut être en occident sujet à la névrose de l’échec, en dépression et celle-ci est atypique, forcément atypique, selon le moule du maître…

Le Mouvement Vers Rien 01-rien.org considère que les premiers maquisards se sont manifestés en Afrique et que beaucoup continuent le combat pour l’indépendance dans la vie quotidienne pour libérer l’identité africaine ; tandis que d’autres lancent le combat pour libérer l’occidental de ses préjugés. Il reste du travail, pour le moins, vu l’ambiguïté de nombreux dirigeants africains, qui ne sont que des bourgeois néo colonisés. Vu aussi le nombre de  blancs qui jouent aux « bons docteurs blancs parmi les nègres ».

Mais il est une autre forme de combat, celle des descendants d’africains  déportés (2) et des  expatriés qui, s’ils sont dans une quête parfaitement justifiable d’une identité qui aujourd’hui ne peut qu’être reconnue et respectée après des siècles de sauvagerie blanche, se tournent parfois – comme le Black Power – vers l’humanité comme les porteurs d’un passé africain qui a été perdu, anéanti, et qu’il est impossible de porter, puisqu’il n’existe plus. Et que nous avons le plus grand besoin de retrouver, d’où notre opérations 2015 année de la cause noire.

De la révolte des Mau-Mau au weltanschauung (3) d’un Black Power utopiste, de Frantz Fanon à un Mobutu collabo, de courants aux légitimes revendications à des idioties antisémites, les crises sont multiples et sont autant d’éléments sur lesquels mettre l’accent. Ces différents tableaux, nous nous devons de les examiner.

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(1) Exception faite de communautés fragmentaires et rudimentaires comme chez les blancs en milieu défavorable voir le chapitre 1 http://www.01-rien.org/cause-noire-chapitre-1-racisme-primitifs-civilises/

(2) Déportés et déportation

. Aux IXe et XIXe siècles, déportation de noirs africains vers les états musulmans d’Afrique du nord et du moyen-orient (traite orientale).

. Aux XVIIe et XIXe siècles, déportation de Noirs africains vers des colonies européennes (traite des noirs).

Pour une liste complète : http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9portation

(3) Disputation autour de la notion de Weltanschauung http://leblogresdedom.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/02/21/etude-sur-le-nazisme-partie-2-523252.html

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Dominique BENIGUET

Un commentaire

  1. L’épisode historique sensé le mieux illustrer ce titre « Révolte noire avant et après « l’indépendance » » est resté fort méconnu, puisque déclaré officiellement ‘inexistant » jusqu’en 2010. Année où est sortie le livre « Kamerun », par 3 historiens français et camerounais.

    http://dai.ly/xgnlf2 —-Le coeur du sujet démarre vers la 6è minute, et révèle bien le cynisme de la « décolonisation » si l’on veut comprendre la suite de l’Histoire.

    http://youtu.be/jstaVFRzVpg —-Présentation: «  »Cette conférence de Manuel Domergue, co-auteur avec Thomas Deltombe et Jacob Tatsitsa de l’ouvrage « Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) » nous livre une vision de la décolonisation au Cameroun bien différente de celle véhiculée par les médias. «  »

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