Racisme envers les asiatiques, sinophobie : stop à la violence !

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Pour l’occidental, l’Asie est une construction aussi abstraite qu’exotique. Soit nos intellectuels ont fait des recherches sur la Chine et nous avons été alors à la rencontre de « l’autre asiatique » en mettant en avant l’oeuvre de tel ou tel  occidental en particulier,  soit l’occidental a intégralement créé un orientalisme imaginaire et avons élaboré des représentations collectives issues de notre passé colonial : l’asiatique, cet inconnu, est ainsi devenu connu… selon nos propres catégorisations visant à la domination. Notre centre de gravité étant entre Grèce et Judée, nous estimons cela universaliste : décidément l’occidental est un formidable théoricien ! Quant à la « récente » suppression des distances géographiques, elle n’empêche pas que l’autre, le chinois, est « kitsch »… quand le chinois en tant qu’individu n’est tout simplement pas considéré autrement que comme un objet de marché.

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Aujourd’hui, la communauté chinoise en France est arrivé à une limite et se manifeste : les agressions se multiplient depuis environ cinq ans et ces agressions violentes viennent d’entraîner la mort d’un quinquagénaire qui a succombé à ses blessures.

Pourtant les français de type asiatique sont des enfants de notre terre comme les autres : ils sèment et travaillent en veillant à la croissance de leurs entreprises, de leurs habitats et notre nature les fait vivre. La terre voulant toujours des enfants qui sortent d’elle, chaque enfant asiate confirme le mariage de ces âmes humaines avec notre patrie.

C’est comme cela que cela se passe et nous n’en mesurons absolument pas l’importance. Nous restons aveugles en face de nous-mêmes et fermons les yeux devant ce que nous sommes en vérité : nous sommes blancs, jaunes, noirs, marrons et français jusqu’aux moelles, même si certains ont des prétentions puériles qui – ni plus ni moins – sont une trahison de notre histoire républicaine et quant à ceux qui se proclament chrétiens, une trahison de leur foi.

L’espèce homo-sapiens, ses sous-groupes, ont tant de points communs ou de similitudes qui l’emportent infiniment, les différences sont si minimes qu’elles disparaitraient presque pour un observateur extraterrestre. Tout comme au premier regard sur un groupe d’asiatiques, ils semblent à beaucoup tous pareils… quant à savoir avec qui chacun d’entre nous a le plus de points communs en tant qu’individu, l’oeil scrutateur, l’oeil critique, nous montrerait que nous avons pas que des points communs avec M. Dupont mais aussi avec M. Schen par des coïncidences, certains faits frappants, alors que beaucoup d’autres de nos concitoyens – dont la vie et les actes sont des caricatures parmi les plus pertinentes et les plus dérisoires de celle des gens de France  – se croient être le noyau d’un fruit à l’intelligence plus haute. Et ce n’est pas là intelligence en action.

Ce n’est pas intelligence en action non plus que ces voix dans le chaos – ces voix qui ne s’épuisent pas – qui réussissent à faire entendre à certains des idées fausses, affublent les uns ou les autres de matériaux qui se réduisent à de la saleté.

“Sales chinetoks, tous plein de fric et faibles” : voilà qui est particulier, en effet ! Il ne faut pas craindre de se hisser au sommet de l’absurdité pour émettre de tels jugements de valeur qui sont tout simplement inadmissibles. Inadmissibles car si on peut admettre que tel ou tel trait de notre personnalité tient au fait que soyons paysan ou chrétien, on ne peut sincèrement s’en offusquer et l’on peut convenir qu’il existe des différences entre citoyens des campagnes et des villes, entre chrétiens et musulmans. S’il n’y avait pas de différences entre les uns et les autres, on ne pourrait en rien les distinguer et il ne saurait alors être question d’aucune spécificité.

La sinophobie est un de ces préjugés funestes comme il en existe envers les juifs et l’on aura beau souligner l’action destructrice de certains débats passionnés et abstraits, sur le public ordinaire rien n’y fait, l’action destructrice, d’origine politique, laisse à penser que beaucoup d’entre nous sont fameusement bêtes.

Il existe certains individus simples, très simples, qui se font une représentation de la réalité comme s’ils l’avaient observé eux-mêmes, mais il n’en est rien : ils ont dressé l’oreille à des commérages et ne connaissent rien de meilleur. Mais les choses réelles sont ce qu’elles sont : les victimes asiatiques d’agression sont comme elles sont et la fortune qu’on leur prête leur est inconnue. Et puisqu’elle n’est même pas relativement réelle les agresseurs s’acharnent. Jusqu’à la mort.

D’une part, soyons clairs avec nos politiques et leurs commentateurs : certains d’entre eux sont des accumulateurs qui concentrent sur eux les espoirs du peuple et ces espoirs sont déçus. Cela tape sur les nerfs et pour peu que l’homme simple se mette à fonder sa propre science, le voici bientôt en fureur.

D’autre part, quel renouveau, quelle nouvelle impulsion est-il apporté à notre nation ? Absolument aucune mais cela importe t-il à des de gens habitués à se soumettre à leurs religions par ailleurs connues par tous comme faillibles ? On est en droit de se le demander.

En religion comme en politique nous nous considèrerions comme des lâches si nous nous laissions impressionner au point de ne plus oser poser de question : non pas que nous refusons de nous incliner devant certaines grandeurs, mais, d’un point de vue pratique et par moralité, nous affirmons que plus nous nous effaçons devant la réalité d’un mal, plus nous nous effaçons devant la réalité d’un bien possible.

Tuer un être humain pour trois euros cinquante en quoi cela peut-il être autre chose que de martyriser autrui sur la base d’une illusion, dépourvue de logique, de rationalité et même de sens ? Ce n’est pas non plus autre chose qu’exactement la définition du mal.

Nous faisons trop souvent l’honneur à nos politiques et leurs officieux de prendre leurs discours au sérieux ; nous avons de bonnes raisons d’affirmer que ce ne sont que des discours, nous avons de bonnes raisons de les critiquer lorsqu’ils contiennent par trop de contradictions, nous avons de bonnes raisons d’être en colère.

Ces discours ne nous correspondent pas, sèment le trouble, et si les âmes parmi “les plus pieuses” de notre population font l’effort de prendre au moins au sérieux les discours politiques, les âmes parmi “les plus simples” comprennent expressément qu’il n’est plus rien, dans ces conditions, de contraire au bien qui ne puisse être défendu ou prouvé. Les thèses les plus délirantes abondent et une idée choquante n’étant plus une rare expérience, la violence devient banale. Qui né dans les années 90 a vu des milliers de meurtres sur son écran TV avant d’achever ses études primaires, qui né dans ces mêmes années a décapité, arraché moult colonnes vertébrales dans “Mortal Kombat”, grâce à des codes, pour se défouler, dès sa plus tendre enfance.

Octroyons-nous la permission de dire que tout cela est démoniaque, en résumé, en soulignant que chacun d’entre vous est parfaitement libre d’adapter à la situation le vocabulaire de son choix, selon son tempérament … et Dieu sait que notre langue se réalise pleinement dès qu’il s’agit de qualifier l’intolérable avec une intégrale humanité.

Les membres de la communauté chinoise sont en colère ; nous aussi. Ceux qui frappent à mort sur les bases que nous venons d’exposer, quel que soit l’état de leur psychisme, n’ont rien à envier aux démons. Ceux qui montrent des images trompeuses sur autrui sont condamnables au même titre que les tueurs eux-mêmes : essayez une fois dans votre vie de libérer un malheureux de sa souffrance et vous aurez une idée de ce qu’il en est de “l’autonomie psychique” des désormais incontournables “déséquilibrés”.

Il faut croire qu’aucun politicien ou journaliste n’a jamais tenté cette expérience.

Nous avons quant à nous exposé ici notre pensée et caressons l’espoir d’en décider quelques-uns à ne pas accepter l’habituelle poudre aux yeux qui nous a conduit dans une impasse, de laquelle nous ne sortirons jamais, si nous ne ni protestons, ni ne jurons contre ceux qui ont la faculté de réagir, mais restent à discuter devant ceux qui saignent à en mourir sur la meilleure méthode pour ligaturer leurs artères : pendant ce temps, on meurt.

Si les pouvoir publics ne sont pas intéressés par l’idée de courage, s’ils agissent encore par désinvolture, en trichant avec nous-mêmes par routine, alors nous saurons d’où exactement vient le mal. La stérilité politique, la stupidité de certains processus qui fait assumer au pouvoir que les faits qui adviennent dans une « France orange mécanique » n’existent pas, ou ne sont que ceci ou cela, sont aussi des préjugés, de purs préjugés de notre « élite » sur la population.

Nous sommes tous humains et français, tel est notre statut. Aucun discours plus ou moins abstrait où l’autre n’est qu’une pensée ne peut être vrai : cela serait démontrer, comme nous savons si bien le faire, que tous ne sont pas humains et que nous échappons nous-mêmes à notre propre humanité. Quel serait alors notre rôle sur la terre ?

Pour faire savoir que nous sommes conscients de ce que nous pensons au fond de nous, pour faire savoir que nous sommes conscients de la façon dont on nous écoute, nous espérons que vous serez nombreux à montrer que vous n’êtes pas tout-à-fait endormis en signant cette pétition :

Il s’agit aussi ne pas laisser les préjugés augmenter ; nous parlons bien entendu des préjugés de nos analystes politiques agréés qui ont de moins en moins l’air d’être avec nous, mais contre nous.

 

 

 

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Dominique BENIGUET

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