L’inavouable histoire de France d’Homo Soralis à Cro-Macron : l’antidote contre tous les fascismes.

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Dans la société des hommes la vérité ne semble s’exprimer que sous l’emprise de l’alcool, de la drogue ou de tout autre toxique. C’est en effet quand on est sobre que l’on se ment le mieux les uns aux autres.

Comment mentir jusqu’à être cru, comment « prendre modèle » sur ceux qui déchaînent les passions, comment contribuer à la haine et aux belles lettres dans notre chère patrie ? En se faisant soi-même les représentants d’une Loi fondamentale de la pensée humaine, en se faisant porteur du facteur le plus puissant dans le développement de l’histoire du monde : la stupidité.

Norbert Hérisson, Stéphane Burne dans « L’inavouable histoire de France d’Homo Soralis à Cro-Macron » se moquent ouvertement de ceux-qui-savent-tout, de ceux qui ne font que nager avec le courant sans se soucier de conscience, de ceux qui, n’étant que des ratés, ne font des révérences qu’à des sacs d’or tout en désignant évidement autrui – si possible « le juif » alias « le sioniste » – comme ayant la volonté de s’assurer la propriété de Mammon.

Il y a toujours eu des carriéristes ; si hier ils ne représentaient qu’une goutte d’eau dans l’océan, on ne les compte plus aujourd’hui. Tous se targuent de scepticisme, de radicalité, tous sont « essayistes », tous vénèrent une farce folle dont ils se font un but supérieur, un idéal sans consistance qui brille par son mépris pour toute attitude rationnelle, tous ne visent qu’à atteindre ce fantôme issu de leur propre imagination de malade : la reconnaissance des autres. Ces minables vénéneux pullulent … et cela semble t’il sans que personne ne se soucie de savoir « pourquoi » et « comment » on étudie.

Nous devons poser des questions, chercher la vérité, mais de trop nombreux pauvres types préfèrent faire le mort plutôt que de se confronter à une question ; ainsi Norbert Hérisson, Stéphane Burne, signent avec les illustrations de Marsault, par « L’inavouable histoire de France », l’antidote à tous les fascismes.

Et il importe de signaler qu’aucun remède n’a encore pu être apporté à cette stupidité.

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Tout comme l’aborigène possède une pierre d’âme – un churingas – qu’il reçoit à l’âge d’homme et qu’il cale entre deux rochers, nous avons dans notre bibliothèque Frédéric Dard « L’histoire de France vue par san-antonio », les Jalons « Histoire de France de Cro-Magnon à Jacques Chirac » et aujourd’hui « L’inavouable histoire de France d’Homo Soralis à Cro-Macron » des Peaky Blinders de Ring.

Tout comme l’aborigène possède une pierre d’âme disions-nous, nous prenons ces ouvrages dans notre bibliothèque et pour sûr, contrairement à lui nous ne les frottons pas longuement entre nos mains pour y faire entrer ou sortir les forces bonnes et les forces mauvaises ; certes non ; nous ouvrons un de ces livres soit parce que notre élan vital diminue, soit parce que nous sommes déprimés : il est alors temps de se rendre à notre source et de prendre en mains nos churingas. On retrouve des galets de ce genre en Europe : telle est notre pré-histoire, telle est la pré-histoire de chacun d’entre nous ; il y a une anamnèse à tout.

Nous devons en avoir conscience, le processus de civilisation est le processus de conscience… et ce processus nous coupe du monde originel des sens et des sentiments. Quand nous n’arrivons plus à saisir nos valeurs, nous avons besoin de rigoler un bon coup. C’est notre force, c’est naturel. Ce qui l’est moins c’est la perte d’humanité au profit de plus de science… vivre humainement demande que chacun ne perde pas le fil de la continuité de toutes ces valeurs. Cela Ring le fait toute l’année et c’est en conscience de ces expériences que l’éditeur David Serra fait ce qu’il a toujours fait : s’appliquer, positivement. Et cette fois à faire rire.

L’on peut s’appliquer de différentes façons, les malades mentaux se font un point d’honneur – comme si c’était un exploit – de s’appliquer à s’exprimer avec exagération, tirant le monde en arrière par des mots de puissance mêlés à du religieux pour s’innocenter d’une inconscience évidente.

L’Homo Soralis est en effet un primitif qui ne sait pas, mais le père Soralis, lui sait. D’ailleurs il tire sa science du grand-père Soralis qui la tient de Napoléon 1er qui lui-même la tient de Charlemagne qui lui-même la tient d’Adam, la première lumière étant celle du prophète, tout cela en bon ordre chronologique, car il faut bien engager les musulmans à voter Front National… ce à quoi a servi l’outil « Désiré » (ainsi nommé dans l’ouvrage) qui a préféré la cause raciste et antisémite blanche à la cause noire. Bah, tous ces illuminés qui parlent de fin des temps et de fin du monde n’ont pas tort après tout : leur fin à eux sera notre nouveau début.

Norbert Hérisson et Stéphane Burne, dans un style proche de la grande période d’Antilogus et Festjens (auxquels ils rendent un discret hommage page 18), ont, comme nous tous, découverts que tous ces « philosophes » n’avaient jamais réfléchi à quoi que ce soit au monde … et que ce qu’ils croient être leur intellect est le fait de nettoyer l’intellect jusqu’à ne plus en posséder.

Du coup, les deux cons « ont fait fort », comme on dit. Et cons, ils sont loin de l’être. Etre ridicule, infantile, boiteux, ignare à ce point est impossible, tout simplement impossible : ils l’ont fait. Simplement là, on ne s’endort pas : tant qu’à dire des mots autant que ce ne soit pas pour rouler les gens dans la farine, autant que ce soit pour les faire se pisser dessus au rythme incroyable d’« une phrase, un rire »… avec les dessins de Marsault tel Dubout illustrant nos bons vieux Santantonio, nos bons vieux Sana … et vous savez comment était Monsieur Dard, toujours à se moquer de son lecteur, sans jamais rien refouler. Toute une époque.

Le sommaire de « L’inavouable histoire de France » sur quatre pages ne refoule rien non plus … et est aussi long que « les temps modernes » d’un Anatole France dans « L’île des pingouins » (un livre qui lui aussi lutte contre l’antisémitisme). L’humour de l’ouvrage est d’une énergie surhumaine et semble avoir parcouru toutes ces années « sans » rigolade sur l’histoire de France comme la lumière se conduit dans le vide absolu, comme un courant électrique sans conducteur, comme un mouvement sans corps : c’est bel et bien l’esprit qui a orienté les auteurs dans cette voie. Il ne peut en être autrement car le fait est établi que le résultat, soit le rire, le rire garanti, le rire homérique et irrévérencieux ne dépend certes pas d’un comité central religieux ou matérialiste … mais de purs créateurs capables de moquer l’indolence mentale pour permettre à chacun enfin de « s’échapper de cette mer d’absurdité » (Goethe).

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Nous sommes fascinés, comme par un miracle : « L’inavouable Histoire de France » est le « must have » de l’année. « L’inavouable Histoire de France » est pour vos amis LE cadeau le plus désintégrant depuis la théologie de Jean jusqu’à son déclin chez Schopenhauer … et les auteurs portent haut les flambeaux de leurs glorieux prédécesseurs avec de grands classiques de Kaamelott au renard et le corbeau, mais aussi avec des trouvailles de notre temps – la quatrième de couverture est une pochette de jeu de stratégie – en désintégrant allègrement la mode complotiste et ses concepts bons pour la décharge.

« L’inavouable Histoire de France » est LA vision qui fera jaillir en vous de puissants éclairs depuis les profondeurs de deux mille ans d’expertises de la connerie humaine la plus crasse, celle qui forme l’ombre de notre humanité : hier le diable, aujourd’hui les fascismes religieux et/ou matérialistes qui subsistent.

Courez l’acheter ! On ne peut passer la vie à envisager de grands malheurs, retrouvons notre pierre philosophale primitive et frottons-là un bon coup : celui qui n’a pas de rire en lui n’est pas vivant, c’est un névrosé qui passe son temps à geindre, mais qui ne vit pas !

VIVEZ BON DIEU !

 

 

 

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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