A propos des « déséquilibrés » – Lettre Ouverte aux Médecins-Psychiatres de France.

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Mesdames et Messieurs les Médecins-Psychiatres de France,

Mesdames, Messieurs, vous êtes médecins-psychiatres, vous exercez une noble activité et vous êtes payés d’ingratitude, nous le savons bien.

Nous le savons bien aussi, vous connaissez mieux que quiconque l’état dans lequel se trouve notre population.

Nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de mieux comprendre la nature humaine et vous êtes censés mieux que quiconque étudier l’homme, que nous ignorons lamentablement. Et de grands maux sont à venir.

Le grand public, le bon public, comprend mieux que nos philosophes et politiciens ce que vous dites… et le grand public, le bon public, est en danger. Les philosophes ont des opinions sur les faits et les critiques en disant qu’ils ne devraient pas être. Cependant, ils sont. Les politiciens, quant à eux, ont des raisons suffisantes pour se dérober devant les faits. Seule la médecine peut nous aider à vivre sainement. Vous êtes médecins…

Mesdames, Messieurs, vous connaissez mieux que quiconque l’état dans lequel se trouve notre population et pourtant, partout, surgit le mot « déséquilibré » lorsqu’on évoque un attentat, un meurtre antisémite.

Certes, un « déséquilibré »… mais Mesdames, Messieurs, le grand public, le bon public, en avait fait le constat sans qu’il soit besoin de le souligner. Il n’y a que les philosophes et les politiciens qui sont incapables de faire un constat. Tout aussi bien les journaux devraient titrer que « de toute façon, nous allons tous mourir et que c’est bien triste » mais cela est tout aussi évident que le fait que ces attentats et meurtres antisémites sont le fait de « déséquilibrés ».

Mesdames, Messieurs, nous n’avons pas peur de la mort. Nous vivons chaque jour comme si nous devions vivre 100 ans. Pour cela, nous vivons sainement et savons bien « la grande aventure qui nous attend ». C’est la nature. C’est sain.

On ne peut, par contre, nous dire simplement que les tueurs dont il est question sont des « déséquilibrés »… et laisser courir sans réaction – face aux diverses dissociations communautaires – des faits que nous ne supporterons pas indéfiniment : le grand public, le bon public, ne supporte pas l’idée qu’ on l’anéantisse au profit d’un néant vide de sens.

Mesdames, Messieurs, tout dépend de la façon dont vous considérez la science et la recherche scientifique : pour nous déesse céleste et pour beaucoup d’entre vous – peut être – bonne vache à lait qui procure du beurre ?

Nous avons été parmi les premiers – si ce n’est les premiers – à évoquer « la course d’Amok » que constitue ce phénomène consistant à tuer des individus à l’aveuglette au couteau.

Selon nous, laisser affirmer et se séculariser l’idée selon laquelle les tueurs actuels sont des « déséquilibrés » n’est pas un progrès, mais une chute dans la bêtise qui ne concerne que les philosophes et les politiciens. Pas le grand public, le bon public, c’est-à-dire, la population, c’est-à-dire, le peuple.

Nous sommes des individus, des individus modernes et la façon dont les ci-devant philosophes et politiciens forgent notre bonheur nous ramène au moyen âge, religieux et politique.

Mesdames, Messieurs, avez-vous oublié que vous travaillez dans le cadre d’une science empirique et non pas dans le cadre d’une science qui serait achevée ? N’êtes vous plus capable de faire avancer votre science et de classifier le phénomène actuel comme il se doit ?

Mesdames, Messieurs, si vous vous souvenez de l’histoire de votre profession vous devriez savoir que quand un cas nouveau paraît, il en apparaît 1 000 autres du même type.

Avons nous déjà eu affaire à une situation similaire telle que celle que nous vivons ? Aucune situation similaire de cette ampleur n’a encore jamais été observée.

Sur quoi se fonde l’expérience empirique ? Sur ce dernier fait.

Sur quoi se fonde l’expérience logique ? Sur le fait qu’une situation similaire a pu être observée des milliers de fois.

Mesdames, Messieurs, qu’avez-vous à dire sur tout cela ?

Notre Mouvement Vers Rien est par nature dans le grand Rien. .. et nous pouvons constater que vous n’expliquez rien.

En considération de quoi nous vous communiquons ici que le pourquoi de votre silence, le pourquoi de l’inlassable répétition du terme « déséquilibré », demeure inexplicable pour le grand public, pour le bon public, pour la population, pour le peuple.

Et nous n’en sommes qu’au commencement. Signe des temps : la naissance d’une nouvelle revue. C’est sans commentaire.

Mesdames, Messieurs, il ne nous est pas possible de ne pas vous interpeller sur les rives de l’étang où vous laissez coasser comme des grenouilles ceux qui redoutent avant tout de se mouiller, sous prétexte que par eux tout a déjà été exploré.

Sans vouloir entrer avec vous dans une dispute sur le conditionnement de la psychologie par la civilisation – et à défaut de ne pouvoir vous assister de conseils compétents – nous attendons que vous formuliez ce qui détermine le caractère si particulier de ces « déséquilibrés »… même si cela devait constituer une provocation pour les convictions philosophiques et politiques les plus variées… qui n’ont, pour l’heure, d’autre résultat qu’une explosion nazie dévastatrice.

Mesdames, Messieurs, comme nous le disions au départ, vous exercez une noble profession et êtes payés d’ingratitude. Cela parce que les psychothérapeutes ne sont ni des philosophes, ni des politiciens qui se payent le luxe de se tenir « au dessus de la mêlée ».

Nous sommes du bon peuple, nous sommes du bon public et nous savons que les menaces s’adoucissent lorsqu’on va au devant d’elles sérieusement. D’ingénieux artifices nous échauffent et la tension devient insupportable : la seule solution n’est pas de les supporter. Ce n’est pas sain, ce n’est pas le sens de la vie humaine.

Nous vous remercions par avance de tout cœur pour votre aide à venir, en espérant que votre langage sincère en importunera tout de même plus d’un. Parce que nous, nous crevons.

Dans l’attente de votre réponse compétente, Mesdames les Médecins-Psychiatres de France, Messieurs les Médecins-Psychiatres de France, nos meilleures salutations.

 

Pour le Mouvement Vers Rien 01-rien.org

Dominique BENIGUET

 

 

 

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