2015 année de la cause noire – 1965, 2015 : 50 ans d’émeutes raciales aux Etats-Unis ou les pionniers vers l’étage supérieur

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Quand un individu s’élève au-dessus du niveau de son milieu social, c’est avant tout sur lui-même qu’il remporte une victoire. Mais les raisons de la stagnation sociale des noirs américains sont complexes. « Le paradis » est pour « l’élite noire » qui lit Black Enterprise et Ebony vivant « replié » dans ses quartiers chics ; pour les autres noirs au mieux l’Amérique est le purgatoire, au pire à la question « Que veux-tu être plus tard ? » ces autres répondent « vivant »…

Pour un policier américain, le noir est un suspect ; autant qu’il est convaincu que le noir le déteste. Les pauvres, souvent noirs, « coutent cher en aide sociale et ne rapportent rien » : c’est ce même discours qu’ont certains français aujourd’hui vis-à-vis des « bénéficiaires » d’aides sociales… Aux USA la santé est un luxe, accoucher à un coût (de 6 000 à 60 000 dollars), l’hospitalisation n’est pas pour tous et quand l’Amérique s’enrichit, ce n’est pas un cliché de dire que le noir s’appauvrit. Dieu merci officiellement l’Amérique n’est pas un pays raciste. D’ailleurs le Martin Luther King Day, date anniversaire de la naissance du révérend, est un jour férié. Et son président est noir… mais le travail d’implantation de noirs dans des quartiers blancs porte un nom : Nimby « Not In My Back-Yard » « Pas dans mon jardin ». En Amérique, comme ailleurs, les hautes idées théoriques abondent mais la conscience morale demeure tout en bas.

Le sentiment que la liberté est entravée est un conflit typiquement humain, du domaine de la transcendance, mais ce qui est important et nous préoccupe est la liberté pratique. Autrement dit, le libre vouloir, plus communément appelé « libre arbitre » : pour l’être humain il faut qu’un acte de volonté soit à la base d’une décision et que celle-ci se réalise, pour qu’ait lieu la réalisation de soi. Cela apporte confiance en soi et confère la dignité d’homme.

Or la liberté des noirs semble glisser d’entre les mains américaines, surtout quand on est obligé de constater que bien des noirs ont plus peur des autres noirs que des blancs. L’explication ? Drogue, crime, pauvreté touchent d’abord la communauté noire : le plus certains noirs voient de visages blancs, le plus ils se sentent en sécurité. Vous parlez d’un progrès…

Quand la conscience d’êtres humains doit lutter quotidiennement contre l’injustice, arrive le moment fâcheux où un événement – l’événement de trop – déclenche de terribles accès de fureur ; le libre arbitre est alors bien faible, il n’est plus question que d’action : de 1965 à 2015, les émeutes raciales aux états unis ont cinquante ans cette année.

Mis à part l’assassinat de Martin Luther King, ce sont les comportements policiers qui sont à l’origine de ces émeutes. Les affrontements font des morts par dizaines, des blessés par milliers. Incendies, pillages, l’armée américaine et la garde nationale doivent intervenir dans les principales villes des USA.

Si l’Amérique a une dimension monumentale nous venons de voir que certains de ses aspects ne sont pas engageants. Et comme pour tout ce qui est exagéré, le grand est en dehors de nous et le mesquin, l’insuffisant, va se ranger au fond de l’âme. Et s’y tient.

Mais ces émeutes sont t’elles insensées ? Elles nous paraissent au contraire une saine réaction contre des éléments destructeurs ; si ces émeutes sont destructrices c’est parce que ce principe est posé comme principe suprême et dernier, car il est bien sombre et effrayant le tableau que pose la nature de la vie aux USA.

Les pessimistes y verront une décadence, les optimistes – tels le Mouvement Vers Rien 01-rien.org – le germe futur de modifications profondes de l’attitude d’esprit occidentale, l’Amérique n’étant pas seule concernée.

Explications

Ce phénomène de très grande importance, alors que le monde a suivi jusqu’ici une route militaire, est de ces faits qui transforment inopinément et mystérieusement la vie et les cultures des peuples. Pour beaucoup ces forces sont invisibles et tout au plus classées dans la rubrique psychologie. Pourtant les Grecs se sont débarrassés de leurs Dieux de l’Olympe pour s’enquérir des savoirs de l’Asie mineure ; pourtant Bouddha, radical et sceptique, écarta comme insignifiants deux millions de Dieux avant lui pour réussir son expérience.

Pour le moment observons que la psychologie n’a été découverte que récemment et constatons le temps qu’il a fallu pour isoler l’individu, le sujet, de son esprit. Sur la base de cette constatation, souvenons-nous bien qu’auparavant ce qui s’exerçait était l’arbitraire le plus total, un arbitraire aussi fantaisiste que celui qui nous a emmené à la situation dans laquelle se trouvent les afro-américains et d’une façon générale, des noirs du monde entier.

Nous réitérons donc notre discours définitivement hostile aux Farrakhan dont la secte politique propose la création d’une nation noire aux Etats-Unis en martelant « Qui a tué Jésus ? Les juifs ! Qui veut tuer Farrakhan ?  Les juifs ! Qui est votre nouveau Christ ? Farrakhan ! » avec le soutien du Ku Klux Klan : même haine des juifs, même militance pour la séparation des races. De ce moyen-âge là il n’y a rien à espérer, si ce n’est qu’un effort moral ne le pousse au suicide.

Cette mauvaise participation est ce qu’on appelle une identité archaïque, formée par la concordance entre des valeurs affectives et des idées collectives. Au final se manifeste encore un principe colonialiste que nous dénonçons avec force : « ce qui est bon pour moi est bon pour autrui » ; que des blancs aryens et des noirs suprématistes s’entendent ne fait que confirmer ce que nous disons depuis le départ : nous sommes les mêmes hommes atteints des mêmes folies.

Pour que de meilleures relations soient possibles, il faut faire exactement l’inverse que de suivre ce qu’il convient d’appeler – il n’y a pas d’autres mots – de véritables connards. Pour autant, nous ne sommes pas des utopistes et si nous affirmons l’importance de meilleures connaissances psychologiques,  nous affirmons aussi que la vraie relation comporte l’idée d’une certaine distance. Il ne faut naturellement pas que cette distance ne soit abolie que d’un seul côté ! Toute relation a sa distance idéale mais nous sommes loin encore de la réalisation d’un tel état de liberté, fait d’attachement réciproque entre les hommes où chacun est dans un groupe qui émeut l’autre tant par son fort sentiment d’identité, que par un profond respect de sa VERITABLE différence, pour ne former qu’un seul groupe « spirituel » L’ESPECE.

Beaucoup y ont déjà travaillé, en pionniers : parce que nous sommes des hommes.

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A propos de l'auteur

Dominique BENIGUET

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