2015 année de la cause noire – Chapitre 3 – Colonisation, sciences sociales et meilleur des mondes

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Si le choc de la civilisation occidentale sur toutes les autres sociétés aura été la grande affaire du XXème siècle, la grande affaire en cours sera le rayonnement et contre-rayonnement des influences en provenance des mondes étrangers engloutis dans le nôtre.

Se pose en effet le problème des contacts culturels. Si l’archéologie donne « nouvellement » des informations sur la métallurgie, l’agriculture et tous domaines concernant autant l’Afrique que l’Europe, il est loin d’être certain que les sciences sociales en particulier fassent autre chose que de se laisser aller à des mécanismes de diffusion des valeurs occidentales, sans tenir compte de la richesse du patrimoine religieux, philosophique, de l’Afrique qui n’est révélé que petit à petit aux yeux de l’occident.

L’habitude ayant été prise d’accepter que les africains soient présenté comme « de grands enfants simples et passifs » – et certains l’acceptant encore – le même mécanisme demeure… mais c’est le « grand public » occidental qui est pris aujourd’hui par ses dirigeants comme « grand enfant simple et passif ». Quand on ne commercialise pas directement « son temps de cerveau disponible ».

Le principe est toujours le même : convaincu de sa supériorité l’occidental a

⇒ séparé le culturel du social, pensant que les faits de sociétés supportent aisément les profonds changements de culture,

⇒ délivré une évangélisation et un enseignement moderne qui n’ont permis au final qu’une chose : ne pas créer un TOUT mais consolider deux sociétés, la société coloniale d’un côté, la société colonisée de l’autre.

Crise ? Certes, mais une crise ne dure que si celui qui est en position de dominant ne veut pas de solution.

⇒ En ce qui concerne le territoire africain, le dominant, toujours présent, est  minoritaire.

⇒ En ce qui concerne l’occident, le colonisateur est chez lui avec, lui aussi, ses structures et représentations collectives irréductibles.

Puisque les africains n’ont pas demandé volontairement toute cette belle civilisation occidentale et que les occidentaux sont champions de la socio-psychologie dynamique, tout devrait logiquement aller parfaitement bien dans le meilleur des mondes !

Encore faudrait-il que les conceptions que l’on a de soi, des faits, soit bien claires.

Les factions nationalistes occidentales modernes vouent un véritable culte à une partie d’elles-mêmes, prétendant à la dignité des actes coloniaux en les falsifiant.  Cependant, tout en flattant un passé utopique, le tout d’aujourd’hui n’est plus accepté. De l’autre côté les utopistes révolutionnaires croient eux-aussi qu’on peut disposer de la vie sans la maîtriser,  passer de la misère au bonheur d’un seul pas de géant

⇒ en ignorant totalement les contraintes du temps, dont vous aurez remarqué l’importance pour la création d’une société,

⇒ en ignorant totalement, malgré l’expérience, que pour que le pouvoir entraîne avec lui une masse d’individu, les utopistes révolutionnaires ont toujours créé des dictatures.

  • Si on prend en considération que le français moyen connait mieux l’histoire de la Grèce que celle de l’Afrique, quand il ne connait pas mieux l’histoire de la Grèce que celle de la France,
  • Si l’on prend en considération que  l’ethnologie coloniale devant les percussions africaines, leurs variété de tons, de combinaisons, de rythmes n’a pas trouvé mieux que de classer par exemple l’art percussionniste dans la catégorie « tam-tam »,

        Que dire, dès lors, de notre capacité à comprendre l’Afrique ?

Or, la négation de l’africanité, aujourd’hui, c’est la négation de l’homme. Nous n’avons pas encore bien compris la nature de cette perte tant les « guides »,  les « gardiens » de nos institutions  sont occupés à se protéger plutôt que de chercher à comprendre les symboles premiers de notre humanité. Le paternalisme intellectuel demeure donc à surveiller au plus près, autant que les actes de « solidarité » qui ne voient pas l’Afrique telle qu’elle est.

 

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Dominique BENIGUET

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